Entre Téhéran et Washington, les médiateurs reprennent leurs efforts après les frappes
Les frappes cette semaine ont été les plus importantes depuis la signature, le 17 juin, du protocole d’accord..
Un protocole d'accord signé le 17 juin 2026 entre l'Iran et les États-Unis visait à mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février 2026 par une attaque israélo-américaine contre l'Iran. Malgré cet accord, les tensions persistent. Les médiateurs, notamment le Qatar et le Pakistan, tentent de relancer les négociations après des frappes militaires échangées cette semaine, les plus importantes depuis juin. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, affirme que l'Iran respecte le cessez-le-feu, mais souligne que le respect doit être mutuel. Les discussions directes en Suisse et indirectes au Qatar n'ont pas abouti à des progrès depuis juin. Une délégation qatarie est arrivée en Iran vendredi pour tenter de sauver les pourparlers.
Les États-Unis ont mené deux nuits consécutives de frappes en Iran à partir du mardi suivant les nouvelles tensions, accusant Téhéran d'être responsable d'attaques contre trois navires commerciaux. Ces frappes ont causé la mort de 17 Iraniens et blessé 115 autres, selon le ministère iranien de la Santé. L'Iran a riposté en ciblant le Koweït (au moins une personne blessée), Bahreïn et le Qatar. Le président américain, Donald Trump, a affirmé que le cessez-le-feu était terminé, tout en acceptant de poursuivre les discussions avec l'Iran. Il a également accusé l'Iran de vouloir l'assassiner, promettant une réponse militaire massive. Les États-Unis ont rétabli les sanctions économiques contre le pétrole iranien, une mesure qualifiée de violation du cessez-le-feu par Téhéran.
Le détroit d'Ormuz, passage stratégique situé entre l'Iran et Oman, est au cœur des tensions. L'Iran, qui contrôle une partie de ce détroit, avait bloqué son accès pendant la guerre et autorise désormais un seul couloir de navigation le long de ses côtes. Téhéran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre, où le passage était libre, bien que le droit international maritime prévoie une liberté de navigation sans entrave. L'Iran a reçu le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, pour discuter de cette question. Les États-Unis ont exigé de l'Iran, via des médias comme Axios et Politico, qu'il s'engage publiquement à ne plus attaquer de navires à Ormuz d'ici samedi.
Donald Trump a accusé l'Iran de vouloir l'assassiner, affirmant que 1 000 missiles américains étaient prêts à frapper l'Iran, avec des milliers d'autres en réserve. Il a déclaré que l'armée américaine était capable de décimer et détruire l'Iran en cas d'attaque. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a nié toute demande de Téhéran, tout en annonçant une visite de Abbas Araghchi à Oman. Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, a averti que l'Iran riposterait à toute attaque contre ses infrastructures, y compris en ciblant Israël. Ces tensions sont survenues pendant les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre et inhumé vendredi à Machhad.
Le **Qatar**, médiateur principal, et le **Pakistan**, dont le Premier ministre **Shehbaz Sharif** a exhorté le président iranien **Massoud Pezeshkian** à sauver la paix, jouent un rôle clé dans la recherche d'une solution. Le Qatar a envoyé une délégation en Iran vendredi pour relancer les pourparlers. Malgré les déclarations belliqueuses de Donald Trump et les frappes militaires, les deux pays ont accepté de poursuivre les discussions. Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a rencontré son homologue omanais pour évoquer les tensions à Ormuz. La situation reste fragile, mais les médiateurs tentent de maintenir un dialogue malgré les provocations et les violations présumées du cessez-le-feu.

