Près de Troyes, des fouilleurs viennent de découvrir des tombes romaines vieilles de 1 700 ans : les défunts étaient enterrés avec des vases en verre
Trois tombes romaines se touchaient presque, dans un champ près de Troyes. Une femme, un jeune et un adulte y reposaient avec des flacons de verre et une amphore, intacts depuis le 3e siècle.
En octobre 2026, des archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont mis au jour trois tombes romaines près de Troyes, plus précisément à La Rivière-de-Corps. Ces sépultures, datées de la fin du 3ᵉ siècle ou du début du 4ᵉ siècle, soit il y a environ 1 700 ans, ont été découvertes dans un champ. Leur particularité réside dans leur proximité immédiate et dans le mobilier funéraire en verre et en céramique qui les accompagne, encore intact après dix-sept siècles. Cette découverte intrigue les chercheurs car elle suggère un possible regroupement familial, bien que les liens de parenté entre les défunts ne soient pas encore établis. Les trois tombes, serrées les unes contre les autres sur quelques mètres carrés, se trouvent à l’écart des bâtiments antiques, dans un enclos creusé lors d’une phase précédente.
Les trois tombes contenaient des squelettes accompagnés de vases en verre et en céramique, dont certains étaient disposés de manière symbolique. Par exemple, des flacons cylindriques en verre étaient placés près de la tête d’un défunt, tandis qu’une amphore régionale reposait près des pieds d’un autre. Ces objets ne sont pas anodins : dans la Rome antique, le verre et la céramique déposés dans les tombes avaient une signification précise. Les flacons pouvaient contenir des liquides comme des parfums ou des boissons, destinés au défunt pour son voyage vers l’au-delà. Quant à l’amphore, elle servait généralement au transport de denrées comme le vin, l’huile ou les salaisons. Sa production locale indique que la famille s’approvisionnait à proximité, montrant ainsi une économie de proximité déjà bien organisée.
Le site de La Rivière-de-Corps abritait un habitat antique dense, avec près de 300 structures sur poteaux réparties sur 1 200 mètres carrés. Ces vestiges, protégés par un enclos et une palissade, révèlent une zone résidentielle romaine active. Parmi les découvertes, des tuiles et des *pilettes d’hypocauste* (*petits piliers soutenant le sol chauffé des maisons romaines*) confirment la présence de maisons équipées de systèmes de chauffage. Après la période romaine, le site a continué d’être occupé jusqu’à l’époque moderne. Au Moyen Âge, une dizaine de cabanes creusées dans le sol, des silos et des puits ont été identifiés, datés des 11ᵉ et 12ᵉ siècles. Plus tard, un verger entouré de fossés a occupé la zone, avec des fosses d’arbres fruitiers et des fosses de vigne, ainsi qu’une cave à loges aux 17ᵉ et 18ᵉ siècles. Les archives indiquent que cette parcelle appartenait ensuite à une demeure seigneuriale rachetée en 1644 par Pierre Pithou, un notable troyen.

