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Généraliste

Québec solidaire propose d’investir 1, 5 milliard $ contre l’itinérance

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 j

Le parti de gauche veut créer 6000 logements de transition, couplés d'accompagnement psychosocial..

Crise humanitaire

Québec solidaire qualifie l’itinérance de « crise humanitaire » au Québec, soulignant son caractère urgent et grave. L’itinérance désigne une situation où une personne n’a pas de logement stable, durable et adéquat, ce qui l’oblige à dormir dans la rue, dans des abris temporaires ou dans des lieux non prévus pour l’habitation. Cette crise est qualifiée d’humanitaire car elle met en péril la dignité, la santé et la sécurité des personnes concernées. Selon le parti, cette situation nécessite une réponse politique forte et immédiate, car elle ne serait pas une fatalité mais le résultat de choix politiques inadéquats. Le Québec fait face à une augmentation de ce phénomène, avec des conséquences visibles comme la présence de campements de personnes en situation d’itinérance, notamment à Montréal.

Plan de Québec solidaire

Québec solidaire (QS), un parti politique de gauche, propose un plan d’investissement de 1,5 milliard de dollars pour lutter contre l’itinérance au Québec. Ce plan prévoit la création de 6 000 logements de transition, c’est-à-dire des logements temporaires accompagnés de services d’accompagnement psychosocial. Ces logements seraient destinés à des personnes sans-abri ou à risque de le devenir, avec un soutien adapté à leurs besoins (santé mentale, emploi, etc.). Le coût annuel de l’accompagnement psychosocial s’élèverait à 135 millions de dollars. Ces 6 000 logements font partie d’un objectif plus large de 50 000 unités de logement social hors marché à ajouter dans la province au cours d’un premier mandat gouvernemental. Le parti insiste sur l’importance de lier logement et accompagnement pour briser le cycle de l’itinérance.

Renouvellement du plan

Québec solidaire propose de renouveler le plan d’action québécois contre l’itinérance, dont l’échéance est fixée à 2026, pour la période 2027-2032. Ce renouvellement inclurait un doublement des sommes allouées, passant de 56 millions de dollars par année à 112 millions de dollars par année. Ce plan vise à coordonner les actions gouvernementales contre l’itinérance, en ciblant notamment les causes structurelles comme l’accès au logement abordable. Le parti critique l’absence de cohérence dans les politiques actuelles, où les ministères concernés (Habitation, Services sociaux) prennent des décisions divergentes sans leadership clair. Une superministre dédiée à l’itinérance serait créée pour centraliser et harmoniser ces efforts.

Priorité aux femmes

Québec solidaire met en avant un volet spécifique pour lutter contre l’augmentation rapide de l’itinérance chez les femmes, qui progresse deux fois plus vite que celle des hommes. Ce volet vise à répondre aux besoins particuliers des femmes sans-abri, souvent confrontées à des violences, à des responsabilités familiales ou à des obstacles spécifiques sur le marché du logement. Le parti souligne que les solutions existantes ne sont pas adaptées à leur réalité, comme l’illustre l’exemple d’un campement où un bébé a été retrouvé seul. L’objectif est de proposer des logements sécuritaires et des services adaptés pour cette population vulnérable.

Critique des autres partis

Québec solidaire critique les autres partis politiques pour leurs propositions jugées insuffisantes ou incohérentes en matière de lutte contre l’itinérance. Le parti accuse ces formations de ne pas faire de la crise du logement une priorité absolue, alors que l’accès à un logement abordable est identifié comme la cause principale de l’itinérance. QS est le seul parti à avoir proposé un plafonnement des loyers, une mesure visant à limiter les hausses de prix des logements pour les rendre plus accessibles. Le parti dénonce également les mesures d’austérité prévues par certains partis, qu’il estime menacer les services sociaux et aggraver la situation des plus vulnérables. Pour QS, ces approches sont des « vœux pieux » sans impact concret.

Ce que ça pourrait changer

La question de l’itinérance a occupé une partie des discussions de la campagne électorale québécoise en 2026, notamment après la découverte d’un bébé seul dans un campement de personnes en situation d’itinérance à Montréal. La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a reproché à la candidate caquiste Christine Fréchette de ne pas l’avoir rencontrée plus tôt pour discuter de ce dossier. Fréchette a finalement rencontré Martinez Ferrada en soirée pour échanger sur des solutions concrètes. Les deux responsables ont reconnu que la collaboration entre les différents paliers de gouvernement (municipal, provincial) est actuellement défaillante. Tous les chefs de partis ont désormais rencontré la mairesse, sauf Paul St-Pierre Plamondon du Parti québécois, qui n’a pas encore fixé de date pour un entretien.

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