Une commémoration de l’attaque du 7 octobre 2023 teintée de tensions avant le scrutin en Israël
L’élection du 27 octobre sera la première depuis l’attaque des islamistes du Hamas, qui ont tué 1221 personnes..
Israël commémore le 7 octobre 2026, trois ans après l’attaque du Hamas, la journée la plus meurtrière de son histoire. Ce jour-là, le 7 octobre 2023, le mouvement islamiste palestinien Hamas a lancé une offensive depuis la bande de Gaza, tuant 1 221 personnes et enlevant 251 autres, dont 44 corps. Les commémorations débutent à 6 h 29, heure exacte du début de l’attaque, sur le site du festival de musique Nova à Réïm, où plus de 360 personnes ont péri. Les proches des victimes, comme Katia Zohar dont la fille Bar a été tuée à 23 ans, partagent des témoignages poignants. Katia Zohar décrit l’horreur vécue, notamment l’appel de sa fille alors qu’elle était prise sous les tirs. Ces cérémonies s’inscrivent dans un contexte de campagne électorale pour les élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026, les premières depuis l’attaque.
Les commémorations de 2026 se déroulent alors que le climat politique en Israël est particulièrement tendu, à quelques semaines d’élections législatives. Le pays est divisé sur la gestion de l’attaque du 7 octobre 2023, notamment sur les défaillances sécuritaires qui ont permis au Hamas de frapper aussi violemment. Des figures politiques, comme l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, critiquent ouvertement le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Nétanyahou, qu’il accuse de n’avoir pas su empêcher l’attaque. Bennett qualifie cet échec de « colossal ». Le parti d’opposition Les Démocrates, de gauche, diffuse en direct les émissions d’information du 7 octobre 2023 pour rappeler l’inaction de l’État ce jour-là. Yaïr Golan, chef de ce parti, dénonce une tentative de « remodeler la mémoire » collective. Ces tensions reflètent une société israélienne profondément marquée par cette attaque et ses conséquences.
Les commémorations mettent en lumière les traumatismes individuels et collectifs laissés par l’attaque. Anna Davitashvili, 53 ans, diffuse le dernier morceau de musique techno écouté par son fils Shaun, 25 ans, tué à Nova. Elle exprime son chagrin en déclarant : « Il me manque ». Bezalel Slavin, 74 ans, a perdu sa fille et soutient désormais son gendre, survivant de l’attaque, dans l’éducation de leurs trois enfants. Il résume l’état d’esprit de nombreux Israéliens en affirmant : « La vie doit continuer, que pouvons-nous faire d’autre ? ». Ces récits illustrent la résilience d’une partie de la population, malgré l’ampleur des pertes. Par ailleurs, Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle française, participe aux commémorations et déclare que le Hamas a « défiguré » la cause palestinienne par cette attaque.
Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023, la bande de Gaza reste sous le contrôle du Hamas, bien que le mouvement soit affaibli. Le Hamas qualifie cette date de « jour glorieux de l’histoire de notre peuple », malgré les destructions massives causées par la riposte israélienne. Israël a lancé une offensive militaire après l’attaque, faisant plus de 74 200 morts selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas et dont les chiffres sont considérés comme fiables par l’ONU. Les frappes israéliennes se poursuivent en octobre 2026, comme en témoignent les explosions entendues près de la frontière. À Gaza, trois personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes le 7 octobre 2026. La situation humanitaire reste catastrophique : des centaines de milliers de Palestiniens vivent dans des tentes ou des abris temporaires, sans accès à des conditions de vie dignes.

