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Une «annus horribilis» pour les automobilistes et les consommateurs ?

Le Devoir · mis à jour il y a 4 j

Les inquiétudes entourant le prix du pétrole et des produits raffinés se renforcent. À raison..

Prix du pétrole en hausse

Le prix du pétrole a fortement augmenté en 2025, dépassant les 100 dollars américains le baril dès le début de la semaine. Cette hausse s’explique par des perturbations majeures dans les voies d’acheminement du pétrole. L’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite, une infrastructure clé, a été attaqué, tandis que le détroit de Bab el-Mandeb (situé au Yémen) est contrôlé par les Houthis, un groupe armé. Ces deux événements bloquent environ 4 à 5 millions de barils de pétrole par jour, alors que le marché peine déjà à compenser une réduction des exportations depuis le golfe Persique depuis sept mois. Le détroit d’Ormuz, autre point de passage stratégique pour le pétrole, est également perturbé. Les analystes hésitent à prédire l’évolution future des prix, car la situation reste très volatile.

Résilience du marché pétrolier

Malgré ces perturbations, le marché pétrolier a montré une certaine résilience jusqu’à présent. Plusieurs facteurs ont permis de limiter la hausse des prix. D’abord, la Chine a réduit ses importations de pétrole. Ensuite, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a coordonné la mise à disposition de 400 millions de barils en mars 2025 pour stabiliser les approvisionnements. Par ailleurs, certains pays exportateurs ont augmenté leur production, et des politiques de rationnement ont été mises en place en Asie. Enfin, les déclarations optimistes du président américain Donald Trump, évoquant un règlement imminent du conflit, ont également contribué à maintenir les prix à un niveau plus bas que prévu. Cependant, ces mesures temporaires commencent à montrer leurs limites.

Baisse des stocks mondiaux

Les réserves mondiales de pétrole ont fortement diminué en août 2025, selon le dernier rapport de l’AIE publié le 11 septembre. En un seul mois, les stocks ont reculé de près de 100 millions de barils, après une baisse de plus de 500 millions depuis le début de la crise. Cette diminution reflète l’épuisement progressif des solutions temporaires mises en place pour compenser les perturbations d’approvisionnement. Les stocks servent de tampon en cas de crise, mais leur baisse indique que le marché devient de plus en plus tendu. Sans nouvelles solutions, la situation pourrait s’aggraver rapidement.

Pénurie de carburants raffinés

Les raffineries du golfe Persique, qui produisaient normalement environ 3 millions de barils de carburants par jour (essence, diesel, carburéacteur), ne peuvent plus fonctionner à pleine capacité en raison des tensions actuelles. Parallèlement, les raffineries russes subissent des frappes militaires, réduisant encore leurs capacités. Le diesel, carburant essentiel pour le transport mondial, est particulièrement touché, car la Russie est le deuxième exportateur mondial de ce produit. Les raffineries encore en activité tournent à plein régime et peuvent donc exiger des prix plus élevés pour leurs produits. Cette hausse des coûts se répercute sur les consommateurs, notamment via l’augmentation des tarifs du transport aérien et maritime.

Impact sur les consommateurs

Les perturbations dans l’approvisionnement en pétrole et en carburants raffinés ont des répercussions directes sur les automobilistes et les consommateurs. Au Canada, le coût du transport aérien a augmenté de 12 % sur un an en juillet 2025. Les prix des carburants pour les véhicules pourraient également augmenter, en raison de la hausse des coûts de raffinage et de transport. Les risques accrus pour la sécurité des navires dans certaines zones (comme la mer Rouge) et l’allongement des routes commerciales entraînent aussi une hausse des coûts du transport maritime. Ces augmentations pourraient peser sur le pouvoir d’achat des ménages et sur la compétitivité des entreprises.

Bénéfices pour les entreprises pétrolières

Alors que les consommateurs subissent les conséquences des hausses de prix, les entreprises pétrolières et les raffineries pourraient réaliser des bénéfices records en 2026. La flambée des cours du pétrole et la rareté des produits raffinés leur permettent de vendre à des prix élevés, ce qui se traduit par des marges bénéficiaires exceptionnelles. Cependant, cette situation pourrait aussi aggraver les inégalités économiques, car les ménages et les petites entreprises, déjà touchés par l’inflation, verront leur pouvoir d’achat diminuer. Les bénéfices des compagnies pétrolières contrastent donc avec les difficultés rencontrées par les consommateurs.

Ce que ça pourrait changer

La persistance, voire l’aggravation récente des menaces sur l’approvisionnement en pétrole dans le golfe Persique indique que les risques pour l’économie mondiale restent orientés à la hausse. Les mesures temporaires mises en place pour stabiliser le marché (comme les stocks stratégiques ou les réductions de demande en Asie) ne suffiront pas indéfiniment. Les analystes soulignent que le marché pétrolier est de plus en plus fragile et que toute nouvelle perturbation pourrait entraîner une flambée des prix. Dans ce contexte, l’année 2026 pourrait devenir une *annus horribilis* (année horrible) pour les automobilistes et les consommateurs, alors que les entreprises pétrolières en profiteraient.

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