Corruption policière : un premier policier torontois condamné dans le cadre du projet South
Derek McCormick a plaidé coupable d’accusations de vol de moins de 5000 $ dollars et d’abus de confiance..
Le projet South est une vaste enquête lancée en juin 2025 par la police régionale de York, au Canada, pour lutter contre la corruption policière et les liens entre des agents et le crime organisé. Cette opération a été déclenchée après le démantèlement d’un complot visant à assassiner un agent correctionnel supérieur du Centre de détention du sud de Toronto. L’enquête a conduit à l’arrestation de huit policiers (dont un à la retraite), de vingt civils et à l’inculpation de Derek McCormick, un policier de Toronto, pour des faits de corruption. Le projet South illustre les efforts des autorités pour restaurer la confiance dans les institutions policières, souvent ébranlée par des scandales de ce type.
Derek McCormick, un policier de Toronto âgé de 56 ans avec 28 ans de carrière, a été condamné le mardi 18 mars 2026 à 10 mois de prison avec sursis, à purger dans la communauté. Il a plaidé coupable à deux chefs d’accusation : vol de moins de 5 000 $ et abus de confiance. McCormick a pris sa retraite le 1er juillet 2025, après avoir été suspendu sans salaire en mai 2025. Il s’est rendu aux autorités le 14 janvier 2026. Quatre autres accusations (dont obstruction à la justice) ont été retirées. Le procureur a souligné qu’il n’a pas entravé le cours de la justice dans d’autres affaires. McCormick a été condamné par le juge Jonathan Bliss, de la Cour de justice de l’Ontario.
Selon la déclaration conjointe des faits, McCormick travaillait au comptoir du poste 52 de la police de Toronto. Il souffrait de toxicomanie et de syndrome de stress post-traumatique, ce qui l’a rendu vulnérable à des manipulations. Un coaccusé, Timothy Barnhardt, lui aurait vendu 100 cachets de Percocet à dix reprises, entre août et décembre 2025, en échange de services illicites. Barnhardt, toujours présumé innocent, lui aurait demandé de voler un téléphone cellulaire jetable et de récupérer un téléphone déposé en preuve au comptoir. McCormick ignorait selon le procureur le contenu du téléphone volé. Le juge a qualifié son rôle de secondaire dans cette affaire.
Le juge Jonathan Bliss a retenu des facteurs atténuants pour fixer la peine : l’absence d’antécédents judiciaires, le plaidoyer de culpabilité précoce, les problèmes de santé mentale et de dépendances (alcool, drogues) de McCormick, ainsi que son sevrage actuel et le soutien de sa famille. Il a aussi évoqué son syndrome de stress post-traumatique. En revanche, des facteurs aggravants ont été pris en compte : l’abus de confiance (en tant que représentant de la loi), l’obtention illicite de drogues au travail, le vol délibéré d’objets et l’élimination de preuves. Le juge a estimé que cette condamnation « n’est pas contraire à l’intérêt public » et que McCormick ne représente aucun danger pour la société.
McCormick devra purger sa peine en deux phases. Les cinq premiers mois seront sous assignation à résidence, avec une autorisation de sortir trois heures les samedis pour faire des courses. Les cinq mois suivants seront soumis à un couvre-feu de 22 h à 7 h, ainsi qu’à des restrictions (interdiction de quitter la province sans autorisation, de troubler l’ordre public). Il ne portera pas de bracelet électronique. En cas de non-respect de ces conditions, il risquera de purger le reste de sa peine en prison. Son avocat, Gary Clewley, a déclaré que McCormick a rapidement reconnu ses erreurs et a choisi de plaider coupable pour tourner la page.
Outre McCormick, **sept autres policiers** de Toronto, un **policier retraité** et **vingt civils** ont été arrêtés dans le cadre du projet South. **Timothy Barnhardt**, l’un des policiers inculpés, est accusé d’un rôle central dans des affaires de corruption. Ses demandes de remise en liberté sous caution ont été rejetées à deux reprises devant la **Cour supérieure de Toronto**. Aucune preuve ne lie McCormick à d’autres cas criminels, selon le procureur. L’enquête, toujours en cours, vise à démanteler un réseau de corruption impliquant des agents et des civils, dans un contexte où la réputation de la police torontoise est en jeu.

