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Einstein l’avait prédit, Mars vient de le confirmer

Science & Vie · mis à jour il y a 3 h

Des chercheurs ont mis au point un système de mesure du temps adapté à Mars, essentiel pour les futures missions. Cette avancée repose sur une prédiction d'Einstein, confirmant que le temps s'écoule différemment sur la planète rouge en raison de son environnement gravitationnel unique.

Le temps déformé par Mars

En décembre 2025, des physiciens du National Institute of Standards and Technology (NIST), dont Neil Ashby et Bijunath Patla, ont mesuré pour la première fois l'écart temporel entre la Terre et Mars. Cet écart s'explique par la relativité générale d'Einstein, qui établit que le temps s'écoule différemment selon la force gravitationnelle. Sur Mars, où la gravité est environ trois fois plus faible que sur Terre, une horloge avance en moyenne de 477 microsecondes par jour par rapport à une horloge terrestre. Une microseconde correspond à un millionième de seconde. Cette différence, bien que minime, est cruciale pour les missions spatiales futures, car elle affecte la navigation et les communications entre les deux planètes.

Une orbite irrégulière en cause

Contrairement à la Lune, dont l'orbite autour de la Terre est presque circulaire, Mars suit une trajectoire elliptique très marquée. Cette particularité fait varier la distance entre Mars et le Soleil, et donc l'intensité de la gravité solaire exercée sur la planète. Les chercheurs ont calculé que l'écart temporel entre les deux planètes peut fluctuer de 226 microsecondes selon la position de Mars dans son orbite. Par exemple, lorsque Mars est plus proche du Soleil, le temps y accélère davantage. Ce phénomène, appelé dilatation temporelle gravitationnelle, a été prédit par Einstein mais n'avait jamais été quantifié avec une telle précision pour Mars.

Des enjeux pour l'exploration

La mesure de cet écart temporel n'est pas qu'une curiosité scientifique. Elle a des implications concrètes pour les futures missions habitées ou robotiques vers Mars. Les systèmes de navigation et de communication interplanétaires doivent tenir compte de ces différences pour synchroniser les horloges et éviter des erreurs de calcul. Par exemple, un décalage de 477 microsecondes par jour peut sembler négligeable, mais sur plusieurs années, il s'accumule. Ainsi, après cinquante ans passés sur Mars, un humain vieillirait de neuf secondes de plus que s'il était resté sur Terre, uniquement à cause de cette accélération du temps. Ces données permettront d'ajuster les technologies utilisées pour les voyages spatiaux.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats publiés dans *The Astronomical Journal* reposent sur un modèle relativiste intégrant plusieurs facteurs : l'influence gravitationnelle du Soleil, de la Terre, de la Lune et la trajectoire spécifique de Mars. Ce modèle combine la *relativité générale* d'Einstein, qui décrit comment la gravité courbe l'espace-temps, et les principes de la mécanique quantique, qui régissent le fonctionnement des horloges atomiques. Ces horloges, utilisées sur Terre pour définir la seconde, sont si précises qu'elles peuvent détecter ces infimes variations temporelles. Cette étude marque donc une étape importante dans l'adaptation des technologies terrestres aux conditions martiennes.

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