« Je suis sortie de chimio endettée » : le cancer du sein appauvrit les femmes
Des revenus en baisse, des dépenses qui augmentent... Le cancer du sein fait basculer de nombreuses femmes dans la précarité.
En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes, avec environ 60 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Il représente près de 30 % de l'ensemble des cancers féminins. Ce cancer touche principalement les femmes après 50 ans, mais peut survenir à tout âge. Les traitements incluent souvent une combinaison de chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie et chimiothérapie. La chimiothérapie (traitement médicamenteux agressif visant à détruire les cellules cancéreuses) est particulièrement coûteuse et peut entraîner des effets secondaires importants, comme une fatigue intense ou des complications médicales. L'article souligne que cette maladie a des conséquences non seulement sur la santé, mais aussi sur la situation financière des patientes, notamment en raison des frais médicaux non couverts et des pertes de revenus.
Les traitements contre le cancer du sein peuvent générer des dépenses importantes pour les patientes, même dans un système de santé comme celui de la France, où l'assurance maladie prend en charge une partie des coûts. Par exemple, une chimiothérapie peut coûter entre 1 000 € et 5 000 € par cycle, selon les médicaments utilisés et la durée du traitement. Les frais annexes, comme les transports pour se rendre aux rendez-vous médicaux ou les médicaments contre les effets secondaires, s'ajoutent à ces coûts. L'article cite le cas d'une femme ayant contracté une dette de 15 000 € après son traitement, illustrant l'impact financier durable de la maladie. Ces dépenses peuvent être d'autant plus lourdes que certaines patientes doivent réduire leur activité professionnelle ou arrêter de travailler temporairement ou définitivement.
Le cancer du sein entraîne souvent une interruption ou une réduction de l'activité professionnelle, ce qui aggrave la situation financière des femmes concernées. En France, environ 30 % des femmes atteintes d'un cancer du sein déclarent avoir perdu des revenus en raison de leur maladie, selon des études citées dans l'article. Cette perte peut atteindre jusqu'à 50 % du salaire initial pour certaines patientes, notamment celles travaillant dans des secteurs où les arrêts maladie sont mal indemnisés. L'article mentionne également que les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale (prestations financières temporaires destinées à compenser la perte de salaire en cas d'arrêt maladie) ne couvrent pas toujours l'intégralité des pertes, laissant les patientes dans une situation précaire. Certaines doivent même recourir à des prêts ou à des aides sociales pour joindre les deux bouts.
L'impact financier du cancer du sein n'est pas uniforme : il touche davantage les femmes issues de milieux modestes ou précaires. L'article souligne que les femmes ayant un faible revenu avant le diagnostic voient leur situation économique se dégrader de manière disproportionnée. Par exemple, celles qui gagnent moins de 1 500 € net par mois sont deux fois plus susceptibles de s'endetter pour payer leurs soins que les femmes gagnant plus de 3 000 € net. Les inégalités d'accès aux soins et aux aides sociales jouent également un rôle clé. Les femmes sans couverture complémentaire santé (assurance privée couvrant une partie des frais non remboursés par l'assurance maladie) sont particulièrement vulnérables, car elles doivent avancer des frais importants avant d'être remboursées.
Face à cette situation, des associations comme RoseUp ou Cancer et Travail accompagnent les femmes atteintes de cancer du sein pour les aider à faire face aux difficultés financières. Ces organisations proposent des conseils juridiques, des aides financières ou des ateliers pour faciliter le retour à l'emploi. L'article cite l'exemple d'une association qui a distribué plus de 200 000 € d'aides en 2022 à des patientes en situation de précarité. Cependant, les besoins restent importants, et ces structures dépendent largement de dons et de subventions. Les pouvoirs publics sont également interpellés pour renforcer les dispositifs d'accompagnement social et financier, notamment en améliorant l'indemnisation des arrêts maladie et en facilitant l'accès aux aides sociales.
L'article conclut sur la nécessité d'une meilleure protection sociale pour les femmes touchées par le cancer du sein. Il souligne que les dispositifs actuels, bien que solides, ne suffisent pas à éviter l'endettement ou la précarité pour une partie des patientes. Les auteurs de l'article appellent à une réflexion collective impliquant les pouvoirs publics, les professionnels de santé et les associations pour améliorer la prise en charge globale de la maladie. Cela pourrait passer par une augmentation des indemnités journalières, un renforcement des aides sociales ou une meilleure information sur les droits des patientes. L'objectif est de garantir que le cancer du sein ne devienne pas une source de pauvreté pour les femmes qui en sont victimes.

