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Société

Il gagne 82.000 euros par an et décide de tout plaquer pour vendre des cartes Pokémon

Slate FR · mis à jour il y a 4 j

Des cartes à jouer devenues des objets de collection, puis des placements potentiellement très lucratifs: le marché des Pokémon connaît une croissance spectaculaire. Porté par la nostalgie des trentenaires et l'arrivée de nouveaux investisseurs, le phénomène ne semble pas près de retomber..

Reconversion inattendue

Jordan Dunne, un analyste de données de 34 ans travaillant dans un cabinet d'avocats à Liverpool, a quitté son emploi après que son hobby, le commerce de cartes Pokémon, est devenu plus rentable que son salaire annuel de 70 000 livres sterling (environ 82 000 euros). Il a fondé l'entreprise Big Box Gaming, qui devrait réaliser un chiffre d'affaires d'environ 4 millions de livres sterling (4,7 millions d'euros) en 2026, soit près de quatre fois plus qu'en 2025. Dunne se rend désormais à des salons internationaux pour acheter et revendre des cartes rares, un marché qu'il qualifie de « complètement fou » en raison de l'afflux de nouveaux investisseurs comme des banquiers ou des passionnés de cryptomonnaies.

Marché en explosion

Le marché des cartes Pokémon a connu une croissance spectaculaire, devenant un véritable secteur d'investissement. En février 2026, une carte vintage Pikachu Illustrator de 1998 a été vendue aux enchères pour 16,5 millions de dollars (14,3 millions d'euros), un record. Les ventes dépassant le million d'euros se multiplient, et Pokémon est devenu le terme le plus recherché dans la catégorie objets de collection sur eBay lors du premier semestre 2026. Cet engouement s'est accéléré pendant la pandémie de Covid-19, attirant une nouvelle génération de collectionneurs. La Pokémon Company a relancé l'intérêt en 2023 avec la série 151, puis en 2024 avec une version digitale du jeu de cartes, ciblant les joueurs de tous âges.

Cartes vintage, investissement risqué

Les cartes les plus anciennes, imprimées il y a deux décennies, sont les plus recherchées car leur tirage est limité et leur état détermine leur valeur. Une carte en parfait état peut valoir des centaines de milliers d'euros, tandis qu'une carte légèrement abîmée perd une grande partie de sa valeur. Par exemple, une carte Pikachu de la collection Legendary de 2002, notée 10/10 par l'organisme PSA, s'est vendue 250 000 livres sterling (292 000 euros), contre seulement 15 000 livres sterling (17 500 euros) pour une note 9/10. En août 2026, PSA a traité 1,3 million de demandes d'évaluation, soit dix fois plus qu'en 2021. Les collectionneurs prennent des précautions extrêmes, comme stocker leurs cartes dans des coffres-forts ou des coffrets sécurisés.

Nouveaux profils de collectionneurs

L'engouement pour les cartes Pokémon dépasse désormais les simples collectionneurs fortunés. Ethan Lidgard, un charpentier de 25 ans, a repris sa collection de cartes après l'avoir abandonnée dans son enfance. Il achète des séries vintage en parfait état pour les transmettre à ses futurs enfants, voyant ce hobby comme un investissement pour leur avenir. Les salons dédiés, comme celui de Farnborough en septembre 2026, attirent plus de 10 000 visiteurs, dont des acheteurs transportant des milliers d'euros en espèces. Certains craignent les vols et cambriolages, poussant les revendeurs à adopter des mesures de sécurité strictes.

Ce que ça pourrait changer

L'organisme *PSA* (*Professional Sports Authenticator*) joue un rôle central dans ce marché. Il évalue l'état des cartes sur une échelle de 1 à 10, en analysant les rayures, les bords abîmés ou les couleurs. Une note de 10/10 est extrêmement rare : en 2026, seuls trente-cinq exemplaires d'une version de *Pikachu* de 2002 ont obtenu cette note. Cette certification influence directement le prix des cartes, car les collectionneurs privilégient les cartes en parfait état. L'afflux de demandes en 2026 reflète l'importance croissante de ces évaluations dans le marché des cartes Pokémon.

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