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Géopolitique

Les États-Unis négocient avec Caracas pour prendre le contrôle d’immenses gisements pétroliers

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

De facto sous tutelle américaine, le Venezuela négocie avec l’administration Trump pour permettre aux États-Unis d’acquérir une participation dans une douzaine de champs pétroliers, renfermant l’équivalent de 90 milliards de barils. Le pays envisagerait par ailleurs de quitter l’Opep.

Négociations pétrolières USA-Venezuela

Les États-Unis, sous l’administration du président Donald Trump, mènent actuellement des négociations avec le gouvernement vénézuélien dirigé par Delcy Rodríguez, figure clé du pouvoir provisoire à Caracas. L’objectif est d’obtenir une participation américaine dans 17 champs pétroliers et gaziers situés au Venezuela, représentant un total de 90 milliards de barils de pétrole. Ces réserves équivalent au double des réserves pétrolières actuellement exploitées aux États-Unis. Les discussions s’inscrivent dans un contexte où le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves pétrolières mondiales (300 milliards de barils), cherche à renforcer ses liens avec Washington après des années de tensions politiques et économiques. Cette collaboration pourrait marquer un tournant dans la gestion des ressources énergétiques vénézuéliennes, traditionnellement sous contrôle de l’État.

Sortie possible de l’OPEP

En parallèle des négociations pétrolières, le Venezuela envisage de quitter l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), une alliance créée en 1960 pour coordonner les politiques pétrolières de ses membres et influencer les prix du brut. Cette décision, évoquée par l’agence Bloomberg, serait perçue comme une victoire pour Donald Trump, qui critique régulièrement l’OPEP pour son rôle dans la hausse des prix du pétrole et des carburants aux États-Unis. Le Venezuela, membre fondateur de l’organisation, pourrait ainsi s’affranchir des quotas de production imposés par l’OPEP, ce qui lui permettrait d’augmenter ses exportations vers les États-Unis. Cette possible sortie s’inscrit dans une stratégie plus large de rapprochement entre Caracas et Washington, après des années de relations tendues sous le régime de Nicolás Maduro, renversé en janvier 2026.

Venezuela sous tutelle américaine

Depuis le renversement de Nicolás Maduro en janvier 2026, le Venezuela est décrit comme un « quasi-protectorat » des États-Unis, c’est-à-dire un pays dont la souveraineté est fortement limitée par une influence étrangère. Les États-Unis ont pris le contrôle de la vente du pétrole vénézuélien, une ressource stratégique pour l’économie du pays, gravement affaiblie par des années de crise économique, de corruption et de sanctions internationales. Cette situation permet à Washington de négocier directement avec les autorités provisoires, comme Delcy Rodríguez, pour accéder aux gisements pétroliers. Ce contrôle américain sur le pétrole vénézuélien pourrait renforcer la position énergétique des États-Unis, tout en marginalisant les institutions internationales comme l’OPEP.

Ce que ça pourrait changer

Les négociations en cours entre les États-Unis et le Venezuela soulèvent plusieurs enjeux majeurs. D’un point de vue économique, l’accès à **90 milliards de barils de pétrole** permettrait aux États-Unis de réduire leur dépendance aux importations et de stabiliser leurs prix énergétiques, particulièrement sensibles aux fluctuations du marché. Sur le plan géopolitique, cette alliance pourrait redessiner les équilibres énergétiques mondiaux en affaiblissant l’OPEP, un acteur clé depuis des décennies. Pour le Venezuela, cette collaboration offre une opportunité de relancer son économie, mais au prix d’une perte partielle de souveraineté. Enfin, ces discussions interviennent dans un contexte de tensions accrues entre les grandes puissances, où le contrôle des ressources naturelles devient un enjeu central de puissance.

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