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Il y a 30 ans, Crash Bandicoot cassait tout sur PlayStation et devenait l’autre rival de Mario

Numerama · mis à jour il y a 7 j

Si l'on associe 1996 à la sortie de la Nintendo 64, son titre de lancement absolument phénoménal s'est très vite trouvé un concurrent inattendu sur une console rivale que Nintendo n'avait pas vraiment anticipée comme telle. En effet, moins de trois mois après la sortie de Super Mario 64 débarquait un certain Crash Bandicoot sur PlayStation, et ce dernier allait s'imposer comme une mascotte alternative encore plus cohérente que ne le fut Sonic cinq ans plus tôt..

Contexte 1996

En 1996, la console Nintendo 64 sort avec Super Mario 64, considéré comme une révolution dans le jeu vidéo en 3D. Cependant, la PlayStation de Sony, sortie un an plus tôt, connaît un succès mondial inattendu. Sega, avec sa console Saturn, est en difficulté face à Sony. À cette époque, aucune mascotte ne représente vraiment la PlayStation, contrairement à Mario pour Nintendo ou Sonic pour Sega. Naughty Dog, un studio californien encore peu connu, décide de combler ce vide en créant Crash Bandicoot, un jeu de plateforme en 3D. Le choix de la PlayStation comme plateforme s’impose, car ni la 3DO, ni la Jaguar d’Atari, ni la Saturn ne semblent adaptées à leur projet. La Nintendo 64 est envisagée, mais le format cartouche limite leurs ambitions techniques.

Naissance de Crash

Naughty Dog, fondé en 1984 par Andy Gavin et Jason Rubin, veut créer une mascotte pour Sony. Leur choix se porte sur un animal original : le bandicoot, un marsupial australien. Le nom Crash est choisi pour son côté percutant et son association avec l’action. Les droits du personnage appartiennent à Universal, et non à Sony, ce qui aura des conséquences ultérieures. Le jeu est conçu comme un platformer linéaire en 3D, inspiré par Donkey Kong Country, avec une caméra fixe pour éviter les problèmes de désorientation. À l’E3 1996, Crash Bandicoot suscite la curiosité, y compris auprès de Shigeru Miyamoto, créateur de Mario. Le jeu est dévoilé comme une alternative à Super Mario 64, avec un style plus accessible et moins complexe.

Succès commercial

À sa sortie à l’automne 1996, Crash Bandicoot se vend à près de 7 millions d’exemplaires dans le monde, malgré une difficulté jugée élevée par Sony. Le producteur de PlayStation, Shuhei Yoshida, demande à Naughty Dog d’adoucir le niveau de challenge, ce qui est partiellement fait. Le jeu plaît aussi au Japon, un marché traditionnellement difficile pour les productions occidentales. Deux suites sortent rapidement : Crash Bandicoot 2: Cortex Strikes Back en novembre 1997 et Crash Bandicoot: Warped en octobre 1998. Ces jeux, vendus à plus de 20 millions d’exemplaires au total, renforcent la position de Crash comme mascotte de la PlayStation. Crash Team Racing, sorti en 1999, dépasse les 5 millions de ventes, complétant la trilogie emblématique de la console.

Déclin et rachat

Après 1999, Naughty Dog abandonne la licence Crash Bandicoot pour se concentrer sur Jak & Daxter, une nouvelle série exclusive à la PlayStation 2. Universal Interactive (devenu Vivendi Games) continue la franchise, mais les jeux deviennent multiplateformes à partir de 2001, avec des sorties sur Xbox et GameCube. La qualité des productions décline, et la série est critiquée pour son manque d’innovation. En 2008, Activision rachète la licence, mais les jeux suivants, comme Crash of the Titans ou Crash Bandicoot: Nitro Kart 3D, ne parviennent pas à retrouver le succès des originaux. La franchise sombre dans l’oubli pendant près de dix ans.

Ce que ça pourrait changer

En 2016, Naughty Dog rend un hommage à *Crash Bandicoot* en intégrant un niveau du premier opus dans *Uncharted 4: A Thief’s End*, un jeu de leur nouvelle série. Ce clin d’œil marque le début d’un retour en force de la licence. La même année, une compilation remasterisée de la trilogie originale sort sur *PlayStation 4*, puis sur *Xbox One*, *PC* et *Nintendo Switch* (éditée par *Sega* au Japon). En 2020, *Crash Bandicoot 4: It’s About Time* est publié, mais sa difficulté élevée limite son succès commercial. Depuis, seuls des jeux mobiles et multijoueurs, comme *Crash Bandicoot: On the Run*, sont sortis, sans marquer les esprits. La nostalgie reste le principal moteur de l’engouement actuel pour la franchise.

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