Déployé depuis 8 mois : des conditions de vie difficiles à bord de l’USS Abraham Lincoln
Le porte-avions Abraham Lincoln a quitté San Diego, en Californie, en novembre 2025..
Le porte-avions américain USS Abraham Lincoln a quitté la base navale de San Diego, en Californie, en novembre 2025 pour une mission initiale en mer de Chine méridionale. En février 2026, il a été redirigé vers le Moyen-Orient après le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Depuis plus de huit mois, soit plus de 260 jours, le navire est déployé en mer, bien au-delà de la durée habituelle de six mois considérée comme acceptable pour le bien-être des marins. Cette prolongation est liée à l’évolution du conflit et à la nécessité de maintenir une présence militaire dans la région. Un autre porte-avions, l’USS George Washington, devrait prochainement prendre le relais pour permettre à l’équipage de l’Abraham Lincoln de rentrer aux États-Unis.
Les conditions de vie à bord de l’USS Abraham Lincoln se détériorent depuis le début de la mission prolongée. Les espaces de vie sont exigus, les journées de travail longues et intenses, la nourriture est jugée de mauvaise qualité, et les marins ont peu d’opportunités pour prendre l’air, faire de l’exercice ou dormir correctement. Ces difficultés sont aggravées par le stress constant lié aux opérations de combat, où le navire est régulièrement menacé. Selon Jonathan Schroden, directeur de recherche au Centre d’analyses navales, ces conditions sont typiques des déploiements prolongés et entraînent une accumulation de problèmes physiques et mentaux pour l’équipage. La marine américaine doit ensuite gérer des coûts de maintenance supplémentaires après de tels déploiements.
La durée exceptionnelle du déploiement a des conséquences graves sur la santé mentale des marins. Deux tentatives de suicide par saut par-dessus bord ont été signalées, bien que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) ait précisé qu’aucun décès n’avait été enregistré et que le marin secouru après une chute le 3 août 2026 était hors de danger. Les familles des marins, réunies lors de deux rencontres avec des responsables de la marine, ont exprimé leur inquiétude face aux pénuries alimentaires, à la contamination de l’eau, aux problèmes de plomberie, ainsi qu’à la détérioration de la santé mentale et à la sécurité sur le pont. Les sénateurs démocrates Ruben Gallego et Richard Blumenthal ont dénoncé ces conditions alarmantes et demandé une enquête officielle.
Face aux critiques, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que la situation avait été « caricaturée » et que la marine veillait à fournir tout le nécessaire à chaque navire, équipage et capitaine. Il a également souligné que l’USS Abraham Lincoln restait opérationnel malgré les défis. Jonathan Schroden, expert en analyses navales, a reconnu que le navire assurait ses missions, mais a rappelé que les problèmes s’accumulaient avec le temps passé en mer. Le CENTCOM a quant à lui souligné la résilience et la détermination de l’équipage après plus de 260 jours en mer. Aucune information supplémentaire n’a été fournie sur les mesures concrètes prises pour améliorer les conditions à bord.
L’USS Abraham Lincoln n’est pas le seul porte-avions américain à avoir connu des difficultés lors d’un déploiement prolongé. L’USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a également été déployé pendant 326 jours, participant à des opérations dans les Caraïbes, dont la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier 2026. Pendant cette mission, un incendie s’est déclaré dans la buanderie principale, blessant deux marins et endommageant une centaine de couchettes. Des problèmes techniques, comme des dysfonctionnements dans le système de toilettes, ont également été rapportés. Ces exemples illustrent les défis logistiques et humains liés aux missions navales prolongées.
Les familles des marins de l’USS Abraham Lincoln ont exprimé leur colère et leur anxiété lors de réunions avec des responsables de la marine. Elles ont notamment dénoncé des pénuries de produits de première nécessité et exigé des réponses claires sur la date de retour de leurs proches. Pour répondre à ces inquiétudes, des ressources d’aide sont disponibles en tout temps pour les personnes en détresse ou leurs proches, notamment via la ligne **1 866 APPELLE (1 866 277-3553)**, par texto au **535353** ou par clavardage sur le site suicide.ca. Ces dispositifs visent à offrir un soutien psychologique immédiat aux marins et à leurs familles.

