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Culture

Cinéma et programmes audiovisuels : "L'international doit être pensé dès le début des créations", selon le CNC

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 29 j

Le lancement d'Assises de l'export par le CNC, avec les principaux représentants de la filière, a pour objectif de consolider le rayonnement des œuvres françaises, par leur diversité et leur singularité. Cela passerait par une meilleure intégration de la question des publics au plan mondial..

Assises de l'export

Le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) a lancé les Assises de l'export le 5 octobre 2026 pour une durée de trois mois. Cet événement réunit les principaux acteurs de la filière cinématographique et audiovisuelle française afin d'analyser les défis actuels et de renforcer la présence des œuvres françaises à l'international. L'objectif est de mieux intégrer la dimension internationale dès la conception des projets, plutôt que de l'envisager uniquement en phase de diffusion. Ces assises interviennent dans un contexte marqué par une baisse des ventes de programmes audiovisuels français à l'étranger (-20 % en 2025) et une contraction des marchés mondiaux, notamment en raison de la concurrence des plateformes gratuites et des bouleversements technologiques comme l'intelligence artificielle (IA).

Chiffres clés 2025

En 2025, les œuvres françaises ont enregistré 42,5 millions d'entrées dans les salles à l'étranger, marquant un léger rebond par rapport aux années précédentes. Cependant, les ventes de programmes audiovisuels français (séries, documentaires, etc.) ont chuté de plus de 20 % sur la même période. Ces chiffres illustrent une tendance préoccupante pour la filière, qui emploie 260 000 personnes en France. Le CNC souligne que la France, bien que reconnue pour la diversité et la singularité de ses créations, doit renforcer son ambition internationale pour maintenir sa compétitivité face à des pays comme les États-Unis ou la Corée du Sud, et même des nations plus petites comme la Grèce ou le Danemark, qui intègrent systématiquement l'international dans leur processus créatif.

Rôle du CNC et Unifrance

Le CNC, dirigé par Gaëtan Bruel, et Unifrance, présidé par Gilles Pélisson, jouent un rôle central dans ces Assises de l'export. Le CNC est une institution publique française qui soutient et régule le secteur du cinéma et de l'audiovisuel, tandis qu'Unifrance est un organisme dédié à la promotion des œuvres françaises à l'international. Ensemble, ils soulignent l'importance de penser l'export dès la phase de création des œuvres. Gaëtan Bruel insiste sur la nécessité de conserver l'ambition internationale de la France pour préserver les emplois dans le secteur, estimant que la singularité des créations françaises est un atout face à la standardisation des contenus américains ou asiatiques.

Enjeux et solutions

Les Assises de l'export visent à identifier les leviers pour reconquérir des parts de marché à l'étranger. Parmi les pistes évoquées, l'intégration précoce de la dimension internationale dans l'écriture des scénarios et la production des œuvres est considérée comme un facteur clé. Emmanuelle Guilbart, présidente du SEDPA (Syndicat des entreprises de distribution de programmes audiovisuels), souligne que les distributeurs travaillent en collaboration avec les producteurs dès la conception des programmes. L'enjeu est double : maintenir la fréquentation en salles, qui subit la concurrence des plateformes numériques, et adapter les modèles de financement pour faire face aux bouleversements technologiques, notamment l'impact de l'IA sur la création et la diffusion des contenus.

Ce que ça pourrait changer

La France a déjà connu des succès à l'international avec des séries comme *Le Bureau des légendes*, *HPI* ou *Dix pour cent*, qui ont conquis des publics étrangers. Ces exemples illustrent la capacité des œuvres françaises à se démarquer par leur originalité et leur qualité. Cependant, le secteur fait face à des défis majeurs, notamment la baisse des ventes de programmes audiovisuels à l'export (-25 % en 2026 selon Emmanuelle Guilbart) et la nécessité de s'adapter à de nouveaux modèles de consommation. Les Assises de l'export cherchent ainsi à capitaliser sur ces succès passés pour construire une stratégie durable, en intégrant l'international comme une composante essentielle de la création, et non comme une étape ultérieure.

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