☕️ Addiction aux réseaux sociaux : Meta et TikTok sous la menace de milliers de plaintes
Meta, TikTok, mais aussi Google et Snap devront faire face aux nombreuses plaintes qui visent leurs plateformes et l’addiction qu’elles provoquent chez les plus jeunes. Une cour d’appel a en effet rejeté les arguments de Meta et de TikTok qui ne voulaient pas attendre les jugements des procès avant de faire appel.
Plus de 3 000 plaintes ont été déposées aux États-Unis contre Meta (propriétaire de Facebook et Instagram), TikTok, Google et Snap. Ces plaintes accusent ces plateformes d’avoir conçu des algorithmes favorisant l’addiction chez les jeunes utilisateurs. Les procureurs généraux de plusieurs États américains, qui représentent ces plaignants, estiment que ces entreprises ont délibérément rendu leurs services plus attractifs pour les mineurs afin d’augmenter leurs revenus publicitaires. La cour d’appel fédérale du 9e circuit, basée à San Francisco, a rejeté les demandes de Meta et TikTok visant à suspendre ces procédures judiciaires en attendant un jugement sur leur appel. Cette décision signifie que les plaintes peuvent continuer leur chemin vers un procès.
Meta et TikTok ont tenté d’utiliser la Section 230 du Communications Decency Act, une loi américaine de 1996, pour bloquer les poursuites. Cette loi protège les plateformes en ligne contre les poursuites judiciaires liées aux contenus publiés par leurs utilisateurs. Cependant, la cour d’appel a clarifié que la Section 230 ne constitue qu’une défense contre une éventuelle responsabilité, et non une immunité totale. Elle ne permet pas d’arrêter les procédures judiciaires à ce stade. Cela signifie que Meta et TikTok pourront toujours invoquer cette loi pendant les procès, mais elle ne les protégera pas d’être jugés. Cette décision renforce la position des plaignants, qui pourront présenter leurs arguments en justice.
Un procès contre Meta a commencé le 12 août 2026 à Oakland, en Californie, avec la sélection des jurés. Les procureurs généraux l’accusent d’avoir conçu Facebook et Instagram pour rendre les jeunes utilisateurs dépendants, en violation de la loi fédérale sur la protection des données des enfants. Meta risque des réparations financières pouvant atteindre 1 400 milliards de dollars selon ses propres estimations. Les plaignants affirment que Meta a menti sur la sécurité de ses plateformes tout en développant des fonctionnalités pour maximiser l’engagement des utilisateurs. Ce procès pourrait servir de précédent pour les autres plaintes en cours contre les réseaux sociaux.
Quelques jours avant le début de ce procès, Meta a été condamné par un tribunal du Nouveau-Mexique à payer 942 millions de dollars. Cette sanction fait suite à des accusations similaires d’addiction des jeunes utilisateurs et de non-respect des lois sur la protection des données. Le tribunal a également imposé à Meta des obligations pour améliorer ses outils de protection des mineurs. Ces condamnations et sanctions financières s’ajoutent aux pressions judiciaires que subit l’entreprise, qui doit désormais faire face à des procédures dans plusieurs États américains.
La décision de la cour d’appel en faveur des plaintes contre Meta et TikTok pourrait avoir des répercussions pour d’autres entreprises comme Google et Snap, qui sont également poursuivies dans cette affaire. Ces dernières pourraient voir leurs propres procédures judiciaires avancer plus rapidement si les arguments de Meta et TikTok sont rejetés. Les procureurs généraux des États-Unis semblent déterminés à faire appliquer les lois sur la protection des mineurs et à tenir les plateformes responsables de leurs pratiques, ce qui pourrait entraîner des changements majeurs dans l’industrie des réseaux sociaux.

