Sécheresse, conflits
Les ONG alertent sur le risque de famine en Somalie, d'autant qu'elles ne peuvent plus aider les populations des régions les plus reculées pour des raisons budgétaires. Reportage de notre envoyé spécial sur place..
En septembre 2026, la Somalie fait face à une crise humanitaire majeure avec plus de cinq millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Cette situation signifie que ces personnes n’ont pas accès à une quantité suffisante de nourriture pour répondre à leurs besoins nutritionnels de base, ce qui les expose à des risques de malnutrition, de maladies et de mortalité. La crise est aggravée par plusieurs facteurs simultanés : une sécheresse prolongée, des conflits armés persistants et une réduction drastique de l’aide internationale. Les populations les plus vulnérables, notamment dans les zones reculées, sont les plus touchées, car les organisations non gouvernementales (ONG) peinent à leur venir en aide faute de moyens financiers. Cette crise rappelle les famines dévastatrices qui ont frappé la Somalie par le passé, comme celle de 2011, où près de 260 000 personnes étaient mortes.
La Somalie subit actuellement une sécheresse sévère, un phénomène climatique qui réduit les récoltes et assèche les points d’eau, rendant l’agriculture et l’élevage impossibles dans de nombreuses régions. Cette sécheresse s’inscrit dans un contexte plus large lié au phénomène El Niño, un cycle climatique naturel qui se caractérise par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique et qui perturbe les conditions météorologiques à l’échelle mondiale. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a classé la Somalie parmi les 22 pays les plus menacés par les effets d’El Niño, avec un risque accru d’inondations succédant à la sécheresse. Pour atténuer ces impacts, la FAO a demandé 202 millions de dollars d’aide internationale, mais seulement 42 millions ont été collectés à ce jour, laissant un déficit de 160 millions. Sans cette aide, les populations somaliennes pourraient sombrer dans la famine, une situation où la mortalité due à la sous-alimentation dépasse des seuils critiques.
L’aide internationale, notamment celle des États-Unis, a fortement diminué en 2026, ce qui limite considérablement la capacité des ONG à intervenir en Somalie. Les coupes budgétaires ont forcé ces organisations à réduire leurs activités, à fermer des centres de nutrition ou à suspendre des programmes d’urgence dans les zones les plus reculées. Par exemple, des centres comme celui de Feynuus, près de Mogadiscio, où des agents de santé soignent des enfants souffrant de malnutrition, voient leurs ressources s’amenuiser. Sans cette aide, des milliers de personnes pourraient ne plus avoir accès à des soins vitaux ou à des distributions de nourriture. Les ONG alertent sur l’impossibilité de répondre aux besoins croissants des populations, alors que la crise s’aggrave. Cette situation illustre les conséquences concrètes des décisions politiques et économiques prises à l’étranger sur les populations les plus vulnérables.
Les organisations non gouvernementales (ONG) jouent un rôle central dans la lutte contre la famine en Somalie en fournissant une aide d’urgence, comme des distributions de nourriture, des soins médicaux ou des programmes de nutrition pour les enfants. Cependant, leur action est aujourd’hui entravée par un manque de financements. L’Organisation des Nations unies (ONU), via sa branche dédiée à l’alimentation (FAO), coordonne les efforts internationaux pour prévenir une crise humanitaire. Elle a lancé un appel à 202 millions de dollars pour aider les pays menacés par El Niño, dont la Somalie. Pourtant, seulement 20 % de cette somme a été récoltée, ce qui montre les difficultés à mobiliser des fonds suffisants en temps de crise. Sans une réponse rapide et massive, les ONG et l’ONU ne pourront pas éviter une catastrophe humanitaire, comme celle de 2011 où la famine avait causé des milliers de morts.
La crise en Somalie a des répercussions immédiates sur la population, avec une augmentation de la malnutrition chez les enfants, des maladies liées à la sous-alimentation et une hausse de la mortalité. Les conflits armés, qui persistent dans certaines régions, aggravent la situation en empêchant l’accès des humanitaires aux zones touchées. Sur le plan politique, cette crise met en lumière les limites des mécanismes internationaux de solidarité, alors que les États-Unis et d’autres pays réduisent leur aide. En Turquie, par exemple, des chercheurs ou des humoristes comme Deniz Göktas sont poursuivis pour des propos critiques envers le pouvoir, illustrant une tendance plus large à la restriction des libertés dans certains pays. En France, les élections sénatoriales du 28 septembre 2026 ont aussi été marquées par la formation d’un groupe d’extrême droite au Sénat, un événement politique qui pourrait influencer les priorités budgétaires nationales, y compris l’aide internationale.

