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Géopolitique

Ce que cache l’accord sur le diesel entre Trump et Poutine

Le Grand Continent · mis à jour il y a 6 j

Sous couvert de faire baisser les prix à la pompe qui atteignent un record historique aux États-Unis, la Maison-Blanche offre un levier de plus au régime russe L’article Ce que cache l’accord sur le diesel entre Trump et Poutine est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Accord Trump-Poutine sur le diesel

Le 9 octobre 2026, le président américain Donald Trump a annoncé avoir conclu un accord avec le président russe Vladimir Poutine pour importer 3 millions de tonnes de diesel russe. Selon Trump, Moscou s’engage à livrer immédiatement 300 000 tonnes, puis 500 000 tonnes en novembre, et un million de tonnes ultérieurement, avec une possibilité de 3 millions de tonnes supplémentaires selon l’état des raffineries russes. Poutine a confirmé l’accord, affirmant qu’il aurait un impact positif sur l’économie mondiale. Cet accord intervient alors que le prix du diesel aux États-Unis a atteint un record de 6,53 dollars le gallon le 22 septembre 2026, et à quelques semaines des élections de mi-mandat américaines. Trump a justifié cette décision en évoquant le contrôle américain du détroit d’Ormuz, un point stratégique pour le transport maritime du pétrole, et une prétendue baisse des prix du carburant pour les consommateurs.

Contexte géopolitique tendu

L’accord entre Trump et Poutine s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe. Les États-Unis avaient déjà exercé des pressions sur l’Ukraine pour qu’elle cesse ses frappes sur les raffineries russes, en échange d’une suspension des attaques russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a critiqué cet accord, le qualifiant de « ni juste ni honnête » et de « cadeau injustifié à Poutine ». Un responsable américain cité par Axios a reproché à Zelensky d’avoir mal analysé la situation, risquant de compromettre les relations entre l’Ukraine et les États-Unis. Par ailleurs, des médiateurs comme Witkoff et Kushner prévoyaient un voyage à Moscou et Kiev pour discuter d’une proposition de paix, mais il n’est pas certain que ce déplacement ait lieu, Poutine ayant refusé de s’engager dans de nouvelles négociations de paix lors d’un appel avec Trump.

Impact limité sur les prix du diesel

Malgré l’annonce spectaculaire de Trump, l’impact réel de cet accord sur les prix du diesel et l’offre mondiale de carburant semble limité. La Russie, traditionnellement un grand exportateur de produits pétroliers, fait face à une grave pénurie en raison des attaques ukrainiennes répétées sur ses raffineries. Ces infrastructures fonctionnent aujourd’hui à seulement 60 % de leur capacité, et Moscou a même dû importer de l’essence d’Inde et du Kazakhstan en été 2026. Les volumes promis par Poutine (300 000 tonnes, soit environ 2,2 millions de barils) représentent moins de trois jours d’exportations russes en temps normal. Même si les livraisons étaient réalisées, elles ne suffiraient pas à compenser les perturbations des raffineries au Moyen-Orient, rendant improbable une baisse substantielle des prix à la pompe.

Détail de l’autorisation américaine

Le département du Trésor américain a publié le 9 octobre 2026 une autorisation (General License No. 135) permettant l’importation de diesel russe aux États-Unis. Cette dérogation, valable jusqu’au 7 avril 2027, est exceptionnelle car elle dépasse la durée habituelle de 30 jours, une première depuis février 2022. Elle autorise les transactions liées à la vente, la livraison, le déchargement et l’importation de gasoil d’origine russe. Cette mesure s’ajoute à l’embargo européen sur les importations de produits pétroliers raffinés russes, en place depuis février 2023. La Russie, confrontée à des sanctions et à des difficultés de production, cherche ainsi à contourner partiellement ces restrictions pour écouler ses stocks et générer des revenus.

Ce que ça pourrait changer

Cet accord illustre les tensions entre les intérêts économiques et les alliances politiques. Pour les États-Unis, il s’agit d’une tentative de stabiliser les prix de l’énergie à l’approche des élections de mi-mandat, tout en normalisant les relations avec la Russie, malgré la guerre en Ukraine. Pour Moscou, c’est une opportunité de relancer ses exportations de carburant, essentielles pour son économie, tout en affaiblissant le soutien occidental à Kiev. Cependant, la capacité réelle de la Russie à honorer ses engagements reste incertaine, en raison de ses infrastructures endommagées et de sa production limitée. Enfin, cet accord pourrait accentuer la pression sur l’Ukraine, déjà isolée sur la scène internationale, et renforcer la dépendance des États-Unis envers les ressources russes, malgré les sanctions en vigueur.

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