En Syrie, la mort d’un ex-Casque blanc frappé en détention “ravive les plaies de l’ère Assad”
Souffrant d’hémophilie, Mohammad Ghmeira est décédé des suites d’une hémorragie cérébrale trois jours après avoir été giflé en garde à vue. L’affaire a suscité une vive indignation dans la population, ravivant les craintes de voir perdurer les pratiques répressives du régime déchu..
Mohammad Ghmeira, un Syrien de 29 ans, ancien membre des Casques blancs, est décédé le 16 août 2026 des suites d’une hémorragie cérébrale. Cet homme, qui avait sauvé des vies sous les décombres pendant la guerre en Syrie, a été frappé en garde à vue trois jours avant sa mort. Les Casques blancs, officiellement appelés Syrian Civil Defense, sont une organisation humanitaire syrienne connue pour ses interventions lors des bombardements et ses secours aux civils. Leur nom vient de leur casque blanc, symbole de neutralité et de protection. Ghmeira souffrait d’hémophilie, une maladie rare qui empêche le sang de coaguler normalement, ce qui a aggravé les conséquences des coups reçus. La garde à vue a eu lieu au commissariat d’Al-Haffa, dans la province de Lattaquié, à l’ouest de la Syrie.
Mohammad Ghmeira avait été convoqué au commissariat d’Al-Haffa début août 2026 pour répondre d’une plainte pour vol d’argent. À sa sortie de garde à vue, trois jours plus tard, il a été hospitalisé en urgence en raison de saignements intracrâniens. Les autorités ont libéré Ghmeira faute de preuves, mais son état de santé s’est rapidement dégradé. Sa famille avait prévenu les policiers de son hémophilie, une information qui n’a pas empêché les violences. L’hémophilie est une maladie génétique où le sang ne coagule pas correctement, ce qui peut entraîner des hémorragies graves même après des blessures mineures. Le décès de Ghmeira a été attribué aux coups reçus pendant sa détention.
La mort de Mohammad Ghmeira a provoqué une vive indignation en Syrie, ravivant les souvenirs des pratiques répressives du régime de Bachar al-Assad. Les Casques blancs, dont Ghmeira faisait partie, sont souvent perçus comme des héros par la population syrienne pour leur travail humanitaire pendant le conflit. Leur engagement symbolise la résistance civile face à la guerre. L’affaire a suscité des appels à la justice et à des réformes pour renforcer l’État de droit en Syrie. Les Syriens réclament que les responsables de cette mort soient tenus pour compte, afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent. Cette affaire rappelle les méthodes de torture et de violence utilisées par les forces de sécurité syriennes pendant le conflit, notamment sous le régime d’Assad.
Les Casques blancs (Syrian Civil Defense) sont une organisation de secours humanitaires créée en 2013 en Syrie. Leur mission principale est de porter secours aux civils pris sous les bombardements, en déblayant les décombres et en secourant les victimes. Ils interviennent souvent dans des zones contrôlées par l’opposition au régime de Bachar al-Assad. Leur travail a été récompensé par plusieurs prix internationaux, dont le Right Livelihood Award en 2016. Cependant, le régime syrien les accuse régulièrement de liens avec des groupes terroristes, une allégation rejetée par la communauté internationale. Mohammad Ghmeira était l’un de ces volontaires, ce qui ajoute une dimension symbolique à sa mort.
La mort de Mohammad Ghmeira a ravivé les plaies de l’ère Assad, faisant référence aux méthodes répressives utilisées par le régime syrien pendant et après la guerre civile. Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000, est accusé d’avoir orchestré une répression violente contre les opposants, incluant des arrestations arbitraires, des tortures et des disparitions forcées. Les Casques blancs, en tant que symbole de la résistance civile, incarnent l’espoir d’un changement démocratique en Syrie. Leur persécution ou leur mort rappelle aux Syriens les dangers persistants de l’autoritarisme. Cette affaire illustre les défis auxquels le pays est confronté pour établir un État de droit et garantir les droits humains après des décennies de conflit.

