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Les coups de froid peuvent-ils réellement nous rendre malades ?

Presse-Citron · mis à jour il y a 1 j

« J'ai pris un coup de froid, je pense que je tombe malade » : on vous explique pourquoi cette affirmation est un raccourci à ne pas emprunter..

Mythe du coup de froid

L’idée que le froid extérieur rend directement malade est une croyance populaire répandue, mais elle relève du mythe. Aucun virus ou bactérie ne se développe spontanément à cause d’une baisse de température. Les agents pathogènes responsables des maladies (comme les rhinovirus ou les coronavirus saisonniers) ne sont pas créés par le froid, mais ils profitent des conditions hivernales pour se propager plus facilement. Par exemple, les épidémies de rhume ou de grippe sont plus fréquentes en hiver non pas à cause du froid lui-même, mais parce que les virus survivent plus longtemps dans un air frais et sec. Ainsi, attraper un rhume après une exposition au froid n’est pas dû au thermomètre, mais à l’infection par un pathogène présent dans l’environnement.

Vulnérabilité accrue au froid

Le froid a un impact indirect sur notre système immunitaire, le rendant moins efficace. Lorsque les températures chutent, les vaisseaux sanguins des muqueuses nasales se contractent (phénomène appelé vasoconstriction), réduisant l’apport en cellules immunitaires sur place. Ces cellules, chargées de lutter contre les pathogènes, arrivent en moindre quantité là où elles sont nécessaires, ce qui facilite l’infection. De plus, l’air froid et sec assèche les muqueuses, créant un environnement moins hostile pour les virus. Par exemple, en France, les épidémies de grippe surviennent principalement entre novembre et mars, une période où les températures sont basses et l’air sec, favorisant la survie des virus.

Comportements favorisant les infections

Le froid influence aussi nos habitudes, ce qui augmente le risque de transmission des maladies. En hiver, nous passons plus de temps dans des espaces clos et souvent mal ventilés, comme les transports en commun ou les bureaux. Ces lieux concentrent les agents infectieux, surtout si une personne malade tousse ou éternue à proximité. Par exemple, une étude sur l’épidémie d’hantavirus à bord du navire MV Hondius en mai a montré comment la promiscuité et une mauvaise ventilation ont accéléré la propagation du virus. Ainsi, c’est moins le froid extérieur qui rend malade que les conditions dans lesquelles nous évoluons pendant cette saison.

Saisonnalité des maladies

Les maladies hivernales comme le rhume ou la grippe sont qualifiées de saisonnières car leur fréquence augmente en hiver. Cela s’explique par deux facteurs principaux : la survie prolongée des virus dans l’air froid et sec, et les comportements humains adaptés à la saison. Par exemple, en France, les températures moyennes de juillet et août (autour de 20 à 30 °C) ne permettent pas aux virus de grippe de circuler aussi facilement qu’en décembre ou janvier, où les températures descendent souvent sous les 10 °C. Si les moyennes saisonnières étaient inversées, les épidémies de grippe surviendraient en été. Ce n’est donc pas le froid en soi qui cause les maladies, mais son impact sur l’environnement et les comportements.

Ce que ça pourrait changer

Face aux affirmations comme *« Mets ta veste, sinon tu vas tomber malade »*, il est important de rappeler que le froid extérieur ne déclenche pas d’infection. En revanche, il peut affaiblir temporairement les défenses immunitaires locales, rendant l’organisme plus vulnérable aux pathogènes déjà présents. Par exemple, une personne qui sort en hiver sans veste ne contractera pas un rhume à cause du froid, mais si elle est exposée à un virus dans un lieu bondé, son système immunitaire moins efficace aura plus de mal à le combattre. Ainsi, l’écharpe ou la veste ne protègent pas directement contre la maladie, mais elles peuvent limiter l’exposition aux virus en évitant les lieux surpeuplés ou en maintenant une température corporelle stable.

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