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Ces 5 zones du corps dégagent une odeur caractéristique après 60 ans : il faut les laver tous les jours

Science & Vie · mis à jour il y a 13 h

Le vieillissement modifie la chimie de la peau et génère un composé odorant que le lavage classique ne supprime pas. Certains gestes ciblés permettent d'en atténuer les effets.

Une molécule clé identifiée

En avril 2001, des chercheurs japonais du centre de recherche Shiseido, situé à Yokohama, ont isolé une molécule responsable d’une odeur corporelle spécifique liée à l’âge. Cette molécule, appelée 2-nonénal, est un aldéhyde insaturé qui apparaît progressivement à partir de 40 ans et se concentre particulièrement après 60 ans. Contrairement aux odeurs classiques de transpiration ou de sébum, le 2-nonénal résiste aux lavages à l’eau et aux détergents traditionnels. Il provient de l’oxydation des acides gras oméga-7, des lipides naturellement présents dans la peau. Avec le vieillissement, la production de ces oméga-7 augmente, et leur oxydation au contact de l’air génère cette odeur rance ou cireuse. Les chercheurs ont mesuré une concentration moyenne de 2,6 parties par million (ppm) de 2-nonénal entre 40 et 70 ans, confirmant que ce phénomène touche toutes les populations.

Pourquoi l’odeur persiste

Le 2-nonénal ne se dissout pas dans l’eau, ce qui explique pourquoi un simple lavage ne suffit pas à l’éliminer. Cette molécule s’accroche à la peau et aux fibres textiles, comme les vêtements ou les draps. Ainsi, dormir plusieurs nuits dans les mêmes draps peut laisser une trace olfactive tenace. Ce phénomène est indépendant de l’hygiène personnelle et s’explique par un affaiblissement des défenses antioxydantes de la peau avec l’âge. Ces antioxydants, qui protègent normalement les cellules, voient leur efficacité diminuer, accélérant l’oxydation des lipides et donc la production de 2-nonénal. Au Japon, ce changement d’odeur corporelle est même nommé kareishū et fait l’objet de soins cosmétiques spécifiques pour le contrer.

Les cinq zones concernées

Passé 60 ans, cinq zones du corps concentrent particulièrement le 2-nonénal, nécessitant une attention accrue lors de la toilette quotidienne. La langue retient des micro-organismes et des résidus alimentaires entre ses papilles, favorisant la mauvaise haleine, surtout si la production de salive diminue, un effet secondaire fréquent de certains médicaments. Les narines accumulent des sécrétions, notamment en hiver avec le chauffage qui assèche les muqueuses. Les aisselles, en raison de la chaleur et de l’humidité, deviennent un terrain propice à la prolifération bactérienne. Les pieds, soumis à la pression et à l’humidité dans les chaussures, peuvent développer des infections fongiques si la zone n’est pas bien séchée. Enfin, le nombril, souvent négligé, piège sueur et cellules mortes dans ses replis, créant un environnement propice à l’accumulation de cette molécule.

Solutions pour limiter l’odeur

Pour réduire la présence de 2-nonénal, des gestes ciblés sont recommandés lors de la toilette quotidienne. Pour la langue, un grattoir adapté ou une brosse souple permet d’éliminer les dépôts sans irriter. Les pieds et le nombril doivent être soigneusement séchés, en insistant sur les plis pour éviter l’humidité résiduelle. Sous les aisselles, un déodorant peut compléter l’hygiène, mais ne remplace pas un nettoyage approfondi. Pour les narines, un rinçage au sérum physiologique aide à hydrater les muqueuses sèches. Les produits surgras ou à pH neutre sont préférables aux gels douche classiques pour les peaux matures. Enfin, des antioxydants naturels, comme les polyphénols présents dans le kaki, pourraient aider à réduire la présence de 2-nonénal sur la peau. Un produit cosmétique enrichi en antioxydants pourrait donc compléter la routine quotidienne.

Ce que ça pourrait changer

Si une odeur corporelle persistante s’accompagne de symptômes inhabituels comme des rougeurs, des douleurs ou des lésions, il est conseillé de consulter un dermatologue. Ces signes pourraient indiquer une infection ou une réaction cutanée nécessitant un traitement spécifique. L’hygiène quotidienne et les soins ciblés permettent généralement de limiter l’odeur liée au vieillissement, mais ils ne suffisent pas toujours à l’éliminer totalement en raison de la résistance du 2-nonénal. Dans tous les cas, une consultation médicale permet d’écarter tout problème de santé sous-jacent et d’adapter les solutions en fonction des besoins individuels.

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