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Ce n'est pas une question de « sang sucré » : on sait enfin pourquoi les moustiques s'acharnent toujours sur les mêmes

Science & Vie · mis à jour il y a 23 j

Aucun humain n'attire tous les moustiques. Selon une nouvelle étude, chaque espèce cible ses propres victimes, selon les odeurs de la peau et les bactéries qui les fabriquent..

Mythes sur le sang sucré

Contrairement à une idée reçue, la préférence des moustiques pour certaines personnes ne dépend pas du taux de sucre dans leur sang. Cette croyance populaire, souvent appelée « sang sucré », a été largement répandue mais n’a aucun fondement scientifique. Les chercheurs ont démontré que les moustiques ne sont pas attirés par la quantité de glucose présente dans le sang humain. Cette idée fausse a longtemps masqué les véritables raisons de leur comportement sélectif. Les scientifiques soulignent que cette confusion vient probablement d’une interprétation erronée des mécanismes biologiques en jeu.

Rôle des odeurs corporelles

Les moustiques sont principalement guidés par les odeurs émises par le corps humain. Une étude récente a révélé que ces insectes sont capables de détecter des composés chimiques spécifiques présents dans la sueur et les effluves cutanées. Parmi ces molécules, certaines sont produites en plus grande quantité par certaines personnes, ce qui les rend plus attractives pour les moustiques. Ces odeurs sont liées à des facteurs génétiques, mais aussi à l’alimentation, au métabolisme ou même à la flore bactérienne présente sur la peau. Les chercheurs ont identifié des dizaines de ces composés, dont certains agissent comme des signaux chimiques pour les moustiques.

Facteurs génétiques clés

Une partie de la préférence des moustiques pour certaines personnes s’explique par des différences génétiques. Des études ont montré que des variations dans certains gènes influencent la production d’odeurs attractives pour les moustiques. Par exemple, des gènes liés à la production de CO₂ (dioxyde de carbone) ou de certains acides gras peuvent rendre une personne plus attractive. Environ 20 % des variations dans l’attirance des moustiques seraient d’origine génétique, selon les chercheurs. Ces découvertes ouvrent la voie à des méthodes de prévention ciblées, comme des modifications génétiques ou des traitements personnalisés.

Température et humidité

Les moustiques sont également sensibles à des paramètres physiques comme la température corporelle et l’humidité de la peau. Une personne dont la température cutanée est légèrement plus élevée ou dont la peau est plus humide peut attirer davantage les moustiques. Ces facteurs sont souvent liés à l’activité physique, à la transpiration ou même à des conditions environnementales. Les chercheurs ont observé que les moustiques repèrent leurs cibles à une distance de plusieurs mètres grâce à ces signaux thermiques et hygrométriques, en complément des odeurs.

Bactéries et microbiote

Le microbiote cutané, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries présentes sur la peau, joue un rôle majeur dans l’attirance des moustiques. Certaines bactéries transforment les composés organiques de la sueur en molécules plus volatiles, qui sont perçues comme des signaux par les moustiques. Une étude a révélé que les personnes dont le microbiote produit davantage de ces molécules sont jusqu’à deux fois plus piquées que les autres. Ces bactéries varient d’une personne à l’autre en fonction de l’hygiène, de l’alimentation ou même du climat.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire l’attirance des moustiques, les chercheurs recommandent plusieurs stratégies basées sur ces découvertes. Éviter les parfums et les produits parfumés, qui peuvent masquer ou amplifier les odeurs attractives, est une première mesure. Utiliser des répulsifs contenant des molécules ciblant les récepteurs olfactifs des moustiques, comme le *DEET* ou l’*icaridine*, peut aussi être efficace. Enfin, maintenir une bonne hygiène et limiter la transpiration excessive permet de réduire les émissions d’odeurs attractives. Ces solutions sont plus efficaces que les remèdes traditionnels comme éviter le sucre.

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