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Géopolitique

Le changement climatique fait grimper la température des mers européennes

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Les températures maritimes de surface ont atteint des niveaux record en juillet en Europe. Et les émissions de gaz à effet de serre en sont largement responsables, montrent les chercheurs.

Records de chaleur marine

En juillet 2026, les températures des mers européennes ont atteint des niveaux records, selon les scientifiques. Cette hausse concerne particulièrement quatre zones : la mer Celtique, le golfe de Gascogne, la péninsule Ibérique ainsi que les bassins occidental et oriental de la Méditerranée. Les chercheurs ont analysé les 14 jours les plus chauds de juillet 2026 et les 14 jours les plus chauds de l’année, confirmant que ces températures exceptionnelles n’auraient pas été possibles sans le réchauffement climatique d’origine humaine. Par exemple, en Méditerranée, la température a augmenté d’environ 2°C en raison des activités humaines, tandis que dans la région cantabrique et ibérique, cette hausse est de 1,4°C, et de 1,3°C dans la mer Celtique.

Rôle des gaz à effet de serre

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont identifiées comme la principale cause de cette surchauffe des mers européennes. Ces gaz, comme le dioxyde de carbone (CO₂) ou le méthane (CH₄), retiennent la chaleur dans l’atmosphère et réchauffent progressivement les océans. Le World Weather Attribution (WWA), un réseau international de scientifiques, a publié un rapport le 19 août 2026 pour établir ce lien. Leur étude montre que les vagues de chaleur marine observées en juillet 2026 auraient été « pratiquement impossibles » dans un contexte préindustriel, c’est-à-dire avant l’ère industrielle (avant 1850). Les chercheurs ont combiné des observations directes et des modèles climatiques pour parvenir à cette conclusion.

Menaces sur les écosystèmes

La hausse des températures marines menace directement les écosystèmes marins en Europe. Par exemple, des espèces comme le poulpe commun (Octopus vulgaris), autrefois cantonnées à la Méditerranée, sont désormais observées au large des côtes anglaises et bretonnes. Cette migration est un signe des bouleversements en cours. Les scientifiques soulignent que ces changements rapides peuvent perturber les chaînes alimentaires, favoriser l’apparition d’espèces invasives ou, à l’inverse, faire disparaître des espèces locales incapables de s’adapter. Les écosystèmes marins, déjà fragilisés par la pollution et la surpêche, subissent ainsi une pression supplémentaire.

Méthodes scientifiques utilisées

Pour évaluer l’impact du changement climatique sur les températures marines, les chercheurs du World Weather Attribution (WWA) ont utilisé une méthode validée par des pairs. Ils ont combiné deux approches : l’analyse des données d’observation (mesures satellites et bouées océaniques) et la modélisation climatique. Cette dernière consiste à simuler le climat passé, présent et futur à l’aide d’ordinateurs puissants. En comparant les scénarios avec et sans émissions humaines de GES, ils ont pu isoler l’effet des activités humaines sur la hausse des températures. Leur travail s’inscrit dans une démarche de science rapide, permettant de publier des résultats en quelques semaines seulement.

Ce que ça pourrait changer

Les impacts de cette surchauffe varient selon les régions européennes. En Méditerranée, où la hausse atteint 2°C, les récifs coralliens et les herbiers de posidonie sont particulièrement menacés. Dans le golfe de Gascogne et la mer Celtique, les espèces comme le homard ou la langoustine pourraient voir leur habitat se dégrader. En péninsule Ibérique, les pêcheurs observent déjà des changements dans la répartition des poissons, avec des espèces tropicales qui remontent vers le nord. Ces perturbations locales ont des répercussions économiques, notamment pour les secteurs de la pêche et du tourisme, qui dépendent directement de la santé des écosystèmes marins.

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