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Généraliste

Trouver la déconnexion à quelques kilomètres de sa maison

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 11 j

Selon une étude de l'UQAM, il n'y a pas besoin de fuir à l'autre bout du monde pour recharger ses batteries..

Déconnexion et bien-être

Une étude publiée en mai 2023 dans le World Leisure Journal par deux professeurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Pascale Marceau et Marc-Antoine Vachon, révèle que la déconnexion, même proche de chez soi, améliore significativement le bien-être. Selon leurs recherches, ce n’est pas la destination ou la durée du voyage qui compte, mais l’intégration régulière de ces pauses dans son mode de vie. Par exemple, les travailleurs de la construction au Québec prennent souvent des vacances d’environ une semaine au Canada, une pratique moins coûteuse mais tout aussi efficace pour réduire le stress. Les résultats montrent que ces microvacances procurent un sentiment de bonheur avant, pendant et après le séjour, grâce à l’anticipation et à la rupture avec le quotidien.

Les trois piliers du bonheur

L’étude de l’ESG UQAM identifie trois éléments clés pour maximiser le bonheur lié aux voyages. Le premier est l’anticipation : préparer et projeter un voyage génère un bénéfice psychologique avant même le départ. Le deuxième est la fréquence : plus les escapades sont régulières, plus le sentiment de bien-être reste stable dans le temps. Enfin, le troisième pilier est la réduction des contraintes, qu’elles soient financières, temporelles ou familiales. Par exemple, Sébastien Latreille, un travailleur du cinéma, a choisi de camper au parc national d’Oka pour une microvacance de quelques jours, malgré son emploi exigeant. Gaëtan Roussy, président de l’Association des psychologues du Québec, confirme que ces trois éléments sont essentiels pour un effet durable sur le moral.

Voyager sans s’éloigner

L’étude souligne que la proximité géographique n’affecte pas l’efficacité des vacances. France et Sylvain, un couple originaire de la Mauricie et de l’Outaouais, ont prolongé leur séjour dans leur région natale après des funérailles à Trois-Rivières. Leur objectif était de découvrir des lieux comme Sainte-Thècle, la ville natale du père de France, ou de visiter des musées. Leur expérience illustre que même des voyages courts et locaux peuvent apporter du réconfort et du plaisir. Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, recommande de privilégier des escapades fréquentes plutôt que de longs voyages espacés, comme une fin de semaine prolongée tous les deux mois.

Le rôle du cerveau

Gaëtan Roussy explique que sortir de son environnement habituel, même pour quelques jours, agit comme une forme de voyage pour le cerveau. Cette rupture permet de réduire les tensions liées au travail, bien que cela puisse prendre quelques jours. Sébastien Latreille, par exemple, a prévu des activités simples comme une promenade à la plage ou une partie de crible avec son voisin de camping. Ces changements d’habitudes aident le cerveau à se détendre et à adopter un mode de fonctionnement différent du quotidien. L’étude suggère que ces microdéconnexions répétées sont bénéfiques pour la santé mentale, à condition de les intégrer régulièrement dans l’année.

Ce que ça pourrait changer

Marc-Antoine Vachon prévoit d’étudier dans une prochaine recherche l’utilisation du téléphone cellulaire pendant les vacances. Selon lui, consulter son téléphone augmenterait le niveau de *cortisol*, surnommé l’*hormone du stress*, et réduirait ainsi le bien-être recherché. Cette habitude pourrait annuler les effets positifs des microvacances. Par exemple, Sébastien Latreille, bien qu’en camping, reste joignable pour son travail, ce qui limite sa déconnexion totale. L’étude met en garde contre cette pratique, soulignant que la *déconnexion numérique* est essentielle pour profiter pleinement des effets positifs des vacances.

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