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Les émissions de GES au Canada ont augmenté de 6 mégatonnes en un an

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 9 j

Les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle du pays ont atteint 691 mégatonnes d’équivalent CO2 en 2025..

Hausse des émissions

En 2025, le Canada a émis 691 mégatonnes d’équivalent CO2 de gaz à effet de serre (GES), ce qui représente une augmentation de 6 mégatonnes, soit 1 %, par rapport à 2024. Un mégatonne est une unité de mesure égale à un million de tonnes. Les GES désignent les gaz comme le CO2 qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère et contribuent au réchauffement climatique. Cette hausse marque un recul par rapport aux efforts de réduction des émissions. L’Institut climatique du Canada (ICC) souligne que cette augmentation est principalement due à une consommation accrue de gaz naturel pour le chauffage des bâtiments et la production d’électricité. Le gaz naturel est une énergie fossile utilisée pour le chauffage et l’électricité, mais son utilisation libère des GES. Ces deux secteurs ont vu leurs émissions augmenter respectivement de 6 % et 5 %, annulant les réductions réalisées l’année précédente.

Secteurs concernés

L’ICC indique que la majorité des émissions de GES au Canada provient de l’industrie du pétrole et du gaz, qui reste le secteur le plus polluant du pays. Cependant, ses émissions sont restées stables, sans augmentation ni diminution. D’autres secteurs, comme l’industrie lourde ou le transport, n’ont montré que peu ou pas de progrès dans la réduction de leurs émissions. L’ICC précise que, malgré des engagements antérieurs, le Canada peine à atteindre ses objectifs climatiques. Le pays s’était engagé à réduire ses émissions de 40 % à 45 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005, mais n’a enregistré qu’une baisse de 9,5 % à ce jour. L’objectif de 2030 semble donc hors de portée sans mesures supplémentaires.

Impact d'une hausse minime

Bien qu’une hausse de 1 % des émissions puisse sembler négligeable pour le grand public, Ross Linden-Fraser, auteur du rapport de l’ICC, explique que cette augmentation est significative. Le Canada doit réduire ses émissions de près de 30 % d’ici 2030 pour atteindre ses objectifs, mais il n’a baissé que de 9,5 % depuis 2005. Une hausse même minime creuse davantage l’écart entre les émissions actuelles et les cibles climatiques. Rick Smith, président de l’ICC, rappelle que ces objectifs ne concernent pas uniquement la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi la protection des Canadiens contre les phénomènes météorologiques extrêmes et la transformation de l’économie pour la rendre plus compétitive dans la transition énergétique mondiale.

Solutions proposées

Les auteurs du rapport estiment que le Canada peut inverser la tendance en accélérant la décarbonation de son réseau électrique et en favorisant l’électrification des bâtiments, du transport et de l’industrie. La décarbonation désigne la réduction des émissions de carbone dans la production d’énergie, tandis que l’électrification consiste à remplacer les énergies fossiles par l’électricité, souvent produite à partir de sources renouvelables. L’ICC recommande notamment d’atteindre un taux d’adoption des véhicules électriques de 75 % d’ici 2035. Les véhicules électriques fonctionnent à l’électricité plutôt qu’aux carburants fossiles, ce qui réduit les émissions de GES. L’organisation souligne que des mesures plus vigoureuses sont nécessaires pour redresser la situation et reprendre le chemin de la carboneutralité, un état où les émissions de GES sont compensées par des absorptions naturelles ou technologiques.

Ce que ça pourrait changer

Environmental Defence, une organisation de protection de l’environnement, réagit à ces chiffres en critiquant l’industrie fossile, qu’elle accuse d’entraver les efforts du Canada contre la crise climatique. L’organisation dénonce l’écoblanchiment, une stratégie de communication utilisée par certaines entreprises pour donner une image écologique trompeuse sans réduire réellement leurs émissions. Elle affirme que de nouveaux projets d’oléoducs, comme les infrastructures pour le **gaz naturel liquéfié (GNL)** ou les pipelines, aggraveraient la situation en maintenant une dépendance aux énergies fossiles. L’ICC et Environmental Defence appellent donc le gouvernement fédéral à prendre des mesures plus ambitieuses pour atteindre les objectifs climatiques et limiter les impacts du changement climatique sur la population canadienne.

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