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Culture

Le masculinisme est-il un terrorisme ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 14 j

Les discours masculinistes gagnent en visibilité, les passages à l'acte violents se succèdent et, pour la première fois, certains projets d'attentats revendiqués par des incels (“involontary celibate”) ont été traités par la justice antiterroriste. Le masculinisme est-il un nouveau terrorisme ?.

Montée du discours masculiniste

Le masculinisme, mouvement qui défend les droits des hommes en réaction à l'égalité femmes-hommes, gagne en visibilité en France et dans le monde. Il se manifeste par des discours, des associations et des actions militantes qui critiquent les politiques d'égalité des genres, jugées défavorables aux hommes. Ce mouvement n'est pas monolithique : il regroupe des courants variés, allant de revendications légitimes (comme la lutte contre les inégalités dans les droits de garde des enfants) à des positions radicales voire violentes. En 2026, son influence s'étend, notamment via les réseaux sociaux et les forums en ligne, où des groupes comme les incels (abréviation de involuntary celibates, ou célibataires involontaires) gagnent en audience.

Violences et attentats

Depuis plusieurs années, des passages à l'acte violents sont attribués à des militants masculinistes ou à des individus influencés par ces idées. En 2026, pour la première fois en France, des projets d'attentats revendiqués par des incels ont été traités par la justice antiterroriste. Ces actes visent souvent des lieux symboliques (écoles, centres commerciaux) ou des groupes ciblés (féministes, femmes en général). Les motivations invoquées incluent un sentiment de frustration, de rejet social ou une volonté de punir la société perçue comme injuste envers les hommes. Ces événements ont conduit à une réflexion sur l'encadrement juridique de ces mouvements.

Débat sur terrorisme

La question de savoir si le masculinisme peut être qualifié de terrorisme divise les experts et les institutions. Le terrorisme est défini par le droit français comme une entreprise individuelle ou collective visant à troubler gravement l'ordre public par des intimidations ou des violences. Certains magistrats, comme Jean-François Ricard, ancien procureur national antiterroriste, soulignent que les actes violents inspirés par ces idées pourraient relever de cette qualification s'ils répondent aux critères légaux. Cependant, d'autres estiment que le masculinisme, en tant que mouvement, ne peut être réduit à une entreprise terroriste, même si des individus ou des sous-groupes radicalisés le sont.

Rôle des incels

Les incels (célibataires involontaires) forment un sous-groupe particulièrement radical au sein des mouvements masculinistes. Leur idéologie repose sur l'idée que les hommes sont victimes d'un système qui privilégie les femmes, notamment en matière de relations amoureuses et sexuelles. Leurs discours, souvent partagés en ligne, peuvent inciter à la haine envers les femmes ou à la violence. En 2026, plusieurs attentats ou tentatives d'attentats en Europe et en Amérique du Nord ont été revendiqués par des membres de cette mouvance, poussant les autorités à renforcer la surveillance des forums et des réseaux sociaux où ces idées se propagent.

Réactions institutionnelles

Face à la montée de ces violences, les institutions judiciaires et politiques françaises ont dû adapter leurs réponses. Le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a souligné lors du débat que la justice doit distinguer entre les discours et les actes. Les projets d'attentats traités comme terroristes en 2026 montrent une volonté de sanctionner les passages à l'acte, même si leur lien avec le masculinisme en tant que mouvement reste débattu. Par ailleurs, des associations féministes, comme celle de Stéphanie Lamy, autrice de La terreur masculiniste, alertent sur la dangerosité de ces idées et appellent à une vigilance accrue.

Ce que ça pourrait changer

La linguiste Lalou Rival, spécialiste des discours masculinistes, analyse comment le langage est utilisé pour diffuser ces idées. Elle observe que les militants masculinistes emploient souvent un vocabulaire victimisant, présentant les hommes comme des opprimés par les politiques d'égalité. Des termes comme *gynocratie* (système où le pouvoir serait exercé par les femmes) ou *féminisme hégémonique* sont récurrents dans leurs discours. Cette rhétorique, selon elle, peut servir à légitimer des actions radicales en désignant des boucs émissaires, comme les féministes ou les femmes en général.

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