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Des arrêts maladie non remboursés : la proposition coup de poing de Patrick Martin, président du Medef

Presse-Citron · mis à jour il y a 13 h

Alors que l’État cherche à grappiller des euros sur le budget de la Sécurité sociale, le patronat s’exprime sur le dossier très sensible des arrêts maladie. Bien décidé à éviter que la facture ne glisse vers les entreprises, le président du Medef, Patrick Martin, avance une proposition choc qui risque de faire grand bruit..

Crise des arrêts maladie

Le système français d’arrêts maladie traverse une période de tensions financières. En 2026, les dépenses liées aux arrêts maladie ont fortement augmenté, poussant le gouvernement à chercher des économies. Récemment, un décret a limité à un an la durée maximale des arrêts maladie pour certaines affections de longue durée (ALD) non exonérantes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux partenaires sociaux de trouver 600 millions d’euros d’économies supplémentaires sur l’ensemble du système. Cette situation reflète une hausse suspecte du nombre d’arrêts de courte durée, selon les observations des autorités.

Proposition du Medef

Patrick Martin, président du Medef (Mouvement des entreprises de France), partage ce constat de dérive financière. Il propose une mesure radicale : instaurer des jours de carence non remboursés pour les premiers jours d’arrêt maladie. Concrètement, ces jours ne seraient couverts ni par le régime de base (Sécurité sociale), ni par les complémentaires santé (mutuelles), même si l’entreprise maintient habituellement le salaire. L’objectif est d’influencer le comportement des travailleurs en rendant l’arrêt maladie moins attractif financièrement. Martin insiste sur le fait que cette solution ne doit pas faire porter le poids des économies aux entreprises ou aux salariés via les mutuelles.

Rôle de l’État

Le gouvernement, représenté par Sébastien Lecornu, pousse à une réduction des dépenses de santé. Il a déjà pris des mesures comme le durcissement des règles pour la téléconsultation, des contrôles médicaux simplifiés à la demande de l’employeur, et un plafonnement des durées d’indemnisation. Ces actions s’inscrivent dans une logique de maîtrise des coûts, face à une explosion des dépenses. Le gouvernement cherche à éviter que le déficit soit comblé par un transfert de charges vers le secteur privé, ce que rejette catégoriquement le Medef.

Contexte historique

Le système des arrêts maladie existe en France depuis 1945, date de la création de la Sécurité sociale. En 1978, une loi sur la mensualisation a imposé aux entreprises de compléter les indemnités de la Sécurité sociale pour réduire l’impact financier des arrêts sur les salariés. Depuis 2023, des réformes successives ont durci les conditions : restriction des durées d’indemnisation, baisse des plafonds d’indemnités, et contrôles renforcés. Ces mesures visent à adapter un système vieillissant aux réalités économiques actuelles, dans un contexte de pression budgétaire accrue.

Ce que ça pourrait changer

La proposition de Patrick Martin, bien que ferme, s’inscrit dans un cadre de négociations entre les partenaires sociaux et le gouvernement. Elle promet d’alimenter les débats, car elle touche directement aux droits des salariés et à la responsabilité financière des entreprises. Le Medef refuse que les économies soient réalisées au détriment des entreprises ou des mutuelles, insistant sur la nécessité de préserver l’équilibre du système. Les discussions à venir devront concilier impératifs économiques et protection sociale, dans un contexte où les dépenses de santé restent un sujet sensible.

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