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Des arrêts maladie non remboursés : la proposition coup de poing de Patrick Martin, président du Medef

Source unique·il y a 14 h

Face à l’explosion des dépenses liées aux arrêts maladie, le gouvernement et le patronat s’accordent sur la nécessité de réduire la facture, mais s’affrontent sur la méthode. Patrick Martin, président du Medef, propose une mesure radicale : supprimer le remboursement des premiers jours d’arrêt maladie, une piste qui interroge autant sur son efficacité que sur ses conséquences sociales et économiques. Cette proposition s’inscrit dans un contexte de durcissement progressif des règles depuis 2023, où l’État cherche à transférer une partie de la charge vers les acteurs privés, tout en évitant que le coût ne retombe sur les entreprises ou les salariés.

Quelle est la proposition concrète avancée par Patrick Martin pour réduire les dépenses d’arrêts maladie ?

Patrick Martin suggère d’instaurer des jours de carence non remboursés, où les premiers jours d’arrêt maladie ne seraient couverts ni par le régime de base de la Sécurité sociale ni par les complémentaires santé, y compris lorsque les conventions collectives prévoient déjà un maintien de salaire. L’objectif affiché est d’influer sur le comportement des travailleurs en rendant l’absence moins attractive financièrement.

Pourquoi le Medef rejette-t-il l’idée de faire porter le coût des mesures par les entreprises ou les mutuelles ?

Le Medef considère que ce serait une fausse économie : si l’État réduit ses remboursements sans compenser, la charge se reporterait inévitablement sur les entreprises (via le maintien de salaire) ou les salariés (via les complémentaires santé), ce qui reviendrait à externaliser le déficit de la Sécurité sociale plutôt qu’à le résoudre. Patrick Martin insiste sur la nécessité de trouver des économies sans alourdir la pression sur le secteur privé.

Quels sont les précédents législatifs ou historiques évoqués dans l’article pour contextualiser les débats actuels ?

L’article rappelle trois étapes clés : la création en 1945 de la Sécurité sociale avec extension des indemnités journalières, la loi de 1978 sur la mensualisation qui impose aux entreprises de compléter les indemnités de la Sécurité sociale, et enfin une série de mesures récentes (2023-2026) comme le durcissement des règles pour les téléconsultations, les contrôles médicaux simplifiés ou le plafonnement des durées d’indemnisation. Ces éléments montrent une tendance historique à l’équilibrage entre protection sociale et maîtrise des dépenses.

Ce que ça pourrait changer

Si cette proposition était adoptée, elle pourrait déstabiliser les comportements individuels en rendant les arrêts maladie moins attractifs financièrement, mais risquerait aussi d’aggraver les inégalités sociales entre salariés protégés et précaires. Sur le plan économique, elle pourrait réduire les dépenses de santé à court terme, mais au prix d’un report de coûts vers les entreprises ou les ménages, voire d’une hausse de l’absentéisme non déclaré. Politiquement, elle cristallise les tensions entre État, patronat et syndicats sur la répartition de la charge des protections sociales.

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