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Les partis interpellés face à «l’urgence» d’agir contre les féminicides

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

Une marche contre les féminicides a rassemblé plus de 1000 personnes à Montréal, samedi..

Manifestation à Montréal

Plus de 1000 personnes ont participé à une marche contre les féminicides à Montréal, samedi. Le cortège a débuté au Square Dorchester et s'est terminé à la Place des Montréalaises, en empruntant la rue Sainte-Catherine. L'événement visait à sensibiliser l'opinion publique et à interpeller les partis politiques en pleine campagne électorale. Les organisateurs, dont l'Alliance des maisons d'hébergement de deuxième étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes, L'R des centres de femmes, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et Femmes Autochtones du Québec (FAQ), ont souligné l'urgence d'agir face à cette « crise nationale ».

Féminicides : une crise nationale

Depuis le début de l'année 2024, au moins 17 femmes ont été victimes de féminicides présumés au Québec. Un féminicide désigne le meurtre d'une femme en raison de son genre. Marjolaine Étienne, présidente de Femmes Autochtones du Québec (FAQ), a qualifié cette situation de « crise » et a exigé des engagements concrets, chiffrés et mesurables de la part des partis politiques. Elle a rappelé que les femmes autochtones font face à des réalités distinctes qui nécessitent une attention spécifique. Manal Drissi, chroniqueuse et humoriste, a illustré l'ampleur du phénomène en déclarant que si chaque femme tuée depuis la dernière élection provinciale avait un siège à l'Assemblée nationale, elles formeraient un gouvernement majoritaire.

Revendications des organisateurs

Les organisateurs de la marche ont formulé plusieurs demandes aux partis politiques. Annick Brazeau, présidente du Regroupement des maisons pour les femmes victimes de violence conjugale, a insisté sur la nécessité de financer davantage les maisons d'accueil et les organismes communautaires, soulignant que les féminicides représentent la finalité d'une violence déjà présente. Elle a également demandé un renforcement de l'aide aux femmes victimes de violence conjugale. Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire, a annoncé que son parti s'engage à investir 600 millions de dollars pour créer 1000 places en maisons d'hébergement. Les organisateurs espèrent que les partis aborderont cette question lors du prochain débat électoral à Radio-Canada.

Témoignages et colère des manifestantes

Plusieurs manifestantes ont exprimé leur colère et leur peur face à l'inaction des politiciens. Valentina Côté, mère d'une petite fille, a dénoncé le manque de sérieux des autorités et a espéré que le prochain gouvernement reconnaîtrait enfin l'ampleur du problème. Véronique Beauregard, intervenante au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Châteauguay, a souligné la nécessité d'un « changement social » et a appelé à une prise de conscience collective. Elle a insisté sur l'importance de prévenir la violence en éduquant notamment les jeunes garçons. Les manifestantes ont également dénoncé la saturation des maisons d'accueil et l'absence de débat sur ce sujet lors des précédents débats des chefs.

Contexte politique et attentes

À quatre jours du prochain débat électoral à Radio-Canada, les regroupements féministes exhortent les chefs des cinq principaux partis politiques du Québec à faire de la lutte contre les féminicides une priorité. Marjolaine Étienne a critiqué le fait que cet enjeu n'ait pas été abordé lors des débats précédents. Les organisateurs attendent des engagements concrets et chiffrés, notamment pour les femmes autochtones dont les réalités sont distinctes. Les partis sont appelés à reconnaître que la violence faite aux femmes ne doit plus être traitée comme un simple fait divers, mais comme une priorité nationale nécessitant des actions immédiates.

Ce que ça pourrait changer

Pour les personnes victimes de violence conjugale, une ligne d'urgence est disponible 24 heures sur 24 au 1 800 363-9010. Cette ressource, appelée SOS violence conjugale, offre un soutien immédiat et confidentiel. Les organisateurs de la marche ont rappelé l'importance de ne pas rester silencieux et d'encourager les victimes à chercher de l'aide. Ils ont également souligné que la prévention et l'éducation doivent être renforcées pour réduire le nombre de féminicides et de violences faites aux femmes au Québec.

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