En Afrique du Sud, un tournoi sportif réservé aux jeunes Afrikaners fait polémique
La Bokkieweek, une compétition sportive réservée aux élèves issus de la minorité afrikaner blanche, fait polémique en Afrique du Sud alors que ses organisateurs mettent en avant de nombreux symboles nationalistes liés à la période de l’apartheid..
La Bokkieweek est un tournoi sportif amateur organisé chaque année depuis 1991 dans la province du Limpopo, en Afrique du Sud. Du 6 au 10 juillet 2026, plus de 3 500 élèves y ont participé. Ce tournoi est réservé aux jeunes Afrikaners, un groupe ethnique descendant des premiers colons néerlandais, français et allemands installés en Afrique du Sud. L’événement est organisé par l’association Afrikaner Volkseie Sport (AVS), une organisation qui promeut des activités culturelles et sportives pour cette communauté. Le nom Bokkieweek fait référence à une tradition afrikaner, où Bokkie désigne un jeune garçon afrikaner, souvent associé à des valeurs traditionnelles et conservatrices.
La Bokkieweek est critiquée pour ses références explicites au régime d’apartheid, un système de ségrégation raciale en vigueur en Afrique du Sud de 1948 à 1994. Lors de la cérémonie d’ouverture, les élèves ont chanté Die Lied van Jong Suid-Afrika, un chant afrikaner étroitement lié à l’éducation nationaliste chrétienne de l’ère de l’apartheid. Ce chant est perçu comme un symbole de cette période controversée. De plus, les équipes participantes portent des noms correspondant aux anciennes provinces d’Afrique du Sud, renommées après la fin de l’apartheid et l’élection de Nelson Mandela en 1994. Ces références rappellent une époque où la séparation raciale était institutionnalisée, ce qui suscite des tensions dans un pays encore marqué par les inégalités héritées de cette période.
Pendant le tournoi, les élèves ont été répartis en équipes portant les noms des anciennes provinces d’Afrique du Sud, comme le Transvaal ou l’État libre d’Orange. Ces noms ont été abandonnés après 1994 pour refléter une Afrique du Sud unie et démocratique. Par exemple, la province du Limpopo, où s’est déroulée la Bokkieweek, a remplacé son ancien nom, Naboomspruit, lors de la fin de l’apartheid. Pourtant, les organisateurs du tournoi, l’AVS, ont choisi d’utiliser l’ancienne dénomination de la région, Naboomspruit, lors de leur intervention. Ce choix symbolique est interprété comme une opposition à la réconciliation nationale et à la mixité, deux valeurs centrales de la démocratie sud-africaine.
La *Bokkieweek* suscite une vive polémique en Afrique du Sud en raison de son caractère exclusif et de ses références à l’apartheid. L’événement est perçu comme une manifestation de l’opposition à la mixité raciale et à l’intégration, deux principes fondamentaux de la démocratie sud-africaine. Les critiques soulignent que le tournoi perpétue une vision séparatiste et nostalgique d’une époque où les Afrikaners dominaient politiquement et économiquement. Ce type d’initiative est souvent associé à des mouvements conservateurs ou nostalgiques de l’apartheid, ce qui explique les tensions qu’il génère dans un pays encore en quête de cohésion sociale.

