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Le dernier Patch Tuesday de Microsoft crée des problèmes, l’IA en faute ?

Next.ink · mis à jour il y a 3 j

Les dernières mises à jour de sécurité avaient une ampleur jamais vue. Elles ont entraîné dans leur sillage bon nombre de régressions, forçant Microsoft à publier des correctifs sans attendre le mois prochain.

Patch Tuesday record

Le Patch Tuesday de septembre 2026 a établi un record chez Microsoft avec près de 1 000 failles corrigées en une seule fois. Ce rendez-vous mensuel consiste à publier des correctifs pour les vulnérabilités découvertes dans les logiciels Windows. Microsoft a expliqué que cette explosion du nombre de corrections est rendue possible grâce à l’intelligence artificielle, notamment avec ses outils MDASH et Perception, conçus pour détecter automatiquement les failles dans le code. En 2026, Microsoft a déjà comblé environ 2 600 failles depuis le début de l’année, soit le double du précédent record de 2020 (1 245 failles). Cette approche vise à améliorer la sécurité, mais elle augmente aussi le nombre de modifications dans le code, ce qui peut entraîner des effets secondaires imprévus.

Régressions après mise à jour

Les correctifs massifs ont provoqué des régressions, c’est-à-dire des bugs apparus après une mise à jour, qui cassent des fonctionnalités auparavant opérationnelles. Ces problèmes surviennent lorsque les modifications apportées au code introduisent de nouveaux dysfonctionnements. Parmi les régressions les plus graves, on note des pannes des services de bureau à distance (RDS), rendant les connexions impossibles après quelques heures d’utilisation. Un correctif d’urgence (KB5129195) a dû être publié le 14 septembre pour réparer ces dysfonctionnements. D’autres bugs concernent le partage de dossiers vers des machines virtuelles Linux, le son via des périphériques USB, ou encore la perte de connexion avec les domaines d’entreprise protégés par Credential Guard.

Problèmes audio et authentification

Un bug affecte spécifiquement les périphériques audio USB, rendant certains microphones et haut-parleurs inutilisables. Les utilisateurs rapportent une absence de son, l’impossibilité de régler le volume ou des paramètres audio inaccessibles, notamment pour les modes multicanaux. Le correctif du 14 septembre ne résout qu’une partie du problème, restaurant partiellement les modes audio 8 canaux et 3D. Un autre dysfonctionnement touche l’authentification des machines dans les domaines d’entreprise. Depuis le Patch Tuesday du 8 septembre, des postes protégés par Credential Guard perdent leur connexion au domaine, affichant un message d’erreur indiquant une rupture de confiance. Ce problème est lié à l’activation automatique de la fonction d’isolation de l’identité de la machine, qui n’est pas compatible avec tous les environnements Windows Server.

Autres dysfonctionnements signalés

En plus des problèmes majeurs, d’autres bugs ont été signalés par les utilisateurs. Certains rapportent des plantages constants de l’Explorateur Windows (Explorer.exe), laissant les PC bloqués sur un écran noir sans accès au bureau ou à la barre des tâches. Ce problème semble lié à des logiciels comme Citrix UPM ou FSLogix, utilisés en entreprise. L’Historique de fichiers, une fonction de sauvegarde des versions de fichiers sur un disque externe, devient également inutilisable après la mise à jour. Enfin, des joueurs utilisant des cartes graphiques AMD (comme les Radeon RX 6600 ou RX 7900 XTX) signalent des écrans noirs ou des gels du système, même en dehors des jeux. Un bug dans Excel empêche aussi de copier-coller des cellules, sauf en utilisant la fonction Collage spécial.

Rôle de l’IA dans les bugs

Microsoft attribue l’augmentation du nombre de correctifs à l’utilisation massive de l’intelligence artificielle pour détecter les failles. Les outils comme MDASH et Perception analysent automatiquement le code pour identifier les vulnérabilités. Cependant, cette méthode génère aussi plus de modifications dans le code, ce qui peut augmenter les risques de régressions. CrowdStrike souligne que la moitié des failles corrigées en septembre concernent des élévations de privilège, un type de vulnérabilité nécessitant des ajustements stricts dans les contrôles d’accès. Bien que les LLM (Large Language Models) soient aussi utilisés pour améliorer les tests de régression, il est encore trop tôt pour déterminer si leur utilisation est directement responsable des bugs actuels. Historiquement, des problèmes similaires sont déjà survenus avec des mises à jour moins volumineuses.

Ce que ça pourrait changer

Les régressions après des mises à jour ne sont pas nouvelles. Par exemple, en 2018, des correctifs pour les failles *Meltdown* et *Spectre* avaient rendu certains PC AMD inutilisables. En 2022, des problèmes similaires avaient provoqué des redémarrages en boucle de contrôleurs de domaine. Pour atténuer les bugs actuels, Microsoft propose des solutions temporaires, comme désactiver l’*isolation de l’identité de la machine* via une stratégie de groupe ou le registre. Cependant, certaines corrections restent incomplètes, et les utilisateurs doivent parfois contourner les problèmes en redémarrant manuellement des services ou en utilisant des fonctions alternatives. Microsoft continue d’évaluer les retours pour publier des correctifs définitifs.

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