La couv’ de l’été : Virginie Efira, en lévitation
Virginie Efira, l’élégance faite femme, a reçu le Prix d’interprétation à Cannes, en duo avec sa partenaire de jeu dans "Soudain", la Japonaise Tao Okamoto. Rencontre sur une terrasse cannoise, avec une actrice brillante et bienveillante..
Virginie Efira, actrice franco-belge, a reçu le Prix d’interprétation féminine à Cannes en 2026, partagé avec sa partenaire japonaise Tao Okamoto pour leur rôle dans le film Soudain. Ce prix récompense leur performance dans un film réalisé par Ryūsuke Hamaguchi, réalisateur japonais déjà primé pour Drive My Car en 2021. Le Festival de Cannes, qui se déroule chaque année à Cannes (France), est l’un des événements cinématographiques les plus prestigieux au monde. Le prix a été décerné lors de la cérémonie de clôture du festival, le 15 juillet 2026.
Virginie Efira a exprimé une admiration profonde pour Ryūsuke Hamaguchi, le décrivant comme une figure inspirante, presque un gourou. Elle a expliqué que le réalisateur lui a permis de découvrir une nouvelle approche du jeu d’acteur et de la communication, qu’elle qualifie de méthode Hamaguchi. Cette méthode met l’accent sur des échanges longs, nuancés et respectueux, tant dans la vie que sur un plateau de tournage. Efira a également appris le japonais en seulement deux mois pour le film, afin de pouvoir dialoguer avec Tao Okamoto dans leur langue maternelle lors de certaines scènes.
Dans Soudain, Virginie Efira incarne une directrice d’EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) en banlieue parisienne. Son personnage croit en une méthode de soins alternative, mais rencontre des difficultés pour la faire accepter par son équipe et les résidents. Elle fait alors la connaissance d’une metteuse en scène japonaise atteinte d’un cancer, jouée par Tao Okamoto. Cette rencontre, à la fois culturelle et humaine, va profondément transformer leur approche respective des soins et de la vie. Le film explore des thèmes comme la communication interculturelle et la quête de sens dans un monde marqué par le capitalisme.
Lors de l’annonce de son prix à Cannes, Virginie Efira a réagi avec une émotion mêlée d’incrédulité. Sur scène, elle a été surprise et touchée, comme en témoignent les larmes aux yeux et son geste de tapoter sa tempe en souriant, comme pour dire : « Mais ça va pas, la tête ? ». Cette réaction reflète son caractère à la fois sensible et doté d’un humour autodérision, qu’elle a d’ailleurs illustré dans une autre anecdote : elle a plaisanté sur Bruxelles, sa ville natale, en disant que ce n’était pas le même niveau de raffinement que d’autres villes européennes, tout en précisant qu’elle parlait pour elle-même.
Le film Soudain s’inscrit dans une critique plus large du capitalisme, décrit comme une force aveugle et destructrice. Ryūsuke Hamaguchi y oppose une vision où la communication et l’écoute priment, comme une réponse possible aux fractures sociales et individuelles. Virginie Efira, en incarnant une femme en quête de sens, devient le symbole de cette recherche de réparation dans un monde en crise. Le tournage a été marqué par cette quête de sens partagée entre les deux actrices, malgré leurs différences culturelles et linguistiques.
L’article fait également référence à d’autres contenus du magazine *Trois Couleurs*, dont le numéro 226. On y trouve un entretien croisé avec Léa Seydoux et Niels Schneider pour le film *L’Inconnue*, une interview de Cristian Mungiu pour *Fjord*, ainsi qu’un entretien avec Gregg Araki pour *I Want Your Sex*. Le magazine propose également des rubriques comme *Nouvelles stars*, *Queer Gaze*, *Règle de 3*, ainsi que des portfolios, des critiques de séries et d’expositions. Les lecteurs peuvent accéder à une version papier gratuite dans les cinémas mk2 ou consulter une version numérique en ligne.

