Stellantis songe à fermer et à vendre son usine de Brampton, selon Unifor
Le syndicat n'a cependant pas encore reçu d'avis de fermeture officiel..
L’usine d’assemblage d’automobiles de Brampton, située en Ontario (Canada), est menacée de fermeture et de vente à une entreprise non identifiée, selon les déclarations de Lana Payne, présidente nationale du syndicat Unifor, lors d’une conférence de presse le 14 août 2026. Stellantis, le groupe automobile propriétaire de l’usine, n’a pas encore officiellement annoncé cette décision, mais les discussions seraient en cours. Lana Payne a exprimé sa déception en qualifiant cette situation de coup au ventre pour les travailleurs et le syndicat, soulignant que l’usine représente un pilier économique pour la région. Stellantis n’a pas confirmé ces informations, mais a indiqué chercher une solution durable pour maintenir la production à Brampton.
Les conventions collectives des travailleurs syndiqués de Stellantis arrivent à échéance le 20 septembre 2026. Unifor, le syndicat, a déjà obtenu une entente-cadre avec Ford en juillet 2026 et négocie actuellement avec General Motors. Lana Payne a précisé que le syndicat utilisera ces négociations pour aborder la question de la fermeture potentielle de l’usine, qu’elle juge inacceptable. Stellantis a confirmé qu’aucune décision finale n’a été prise et que leur priorité reste de trouver une solution viable pour l’usine. Les travailleurs bénéficient d’un préavis d’au moins un an en cas de fermeture, selon leur convention collective.
L’incertitude autour de l’usine de Brampton est en partie attribuée à la guerre tarifaire menée par l’administration Trump aux États-Unis. Ces tensions commerciales incluent des surtaxes douanières sur les automobiles, poussant les constructeurs à rapatrier la production aux États-Unis. Lana Payne a souligné l’ironie de la situation : la Jeep Compass, initialement promise à l’usine de Brampton, sera désormais assemblée en Illinois (États-Unis). Elle a critiqué cette décision, la qualifiant de scénario perdant-perdant pour les travailleurs des deux côtés de la frontière. Stellantis a confirmé en octobre 2025 que la production de la Jeep Compass ne se ferait pas à Brampton.
L’usine de Brampton est un moteur économique majeur pour la région. Elle emploie des milliers de travailleurs syndiqués, offrant des salaires élevés et des avantages sociaux. Lana Payne a insisté sur l’impossibilité de remplacer ces emplois bien rémunérés par d’autres opportunités dans la région. La ville de Brampton, par la voix de son maire Brown, a exprimé son soutien aux travailleurs et au syndicat, tout en espérant une solution préservant la production automobile locale. L’arrêt de l’usine depuis février 2025, en raison d’une pause dans sa modernisation, a déjà fragilisé l’économie locale.
Le gouvernement fédéral canadien, représenté par Innovation, Sciences et Développement économique Canada, a réagi en affirmant travailler activement pour protéger les emplois et maintenir la production à Brampton. Le porte-parole Riyahd Nazerally a indiqué que le gouvernement s’engageait auprès de Stellantis, d’Unifor et de la province de l’Ontario pour garantir des investissements à long terme. La ville de Brampton a également exprimé son soutien, tout en évitant de spéculer sur l’avenir de l’usine en l’absence de confirmation officielle de Stellantis ou du gouvernement.

