Des manifestations monstres en Espagne pour le droit au logement
Le premier ministre, Pedro Sanchez, pourrait convoquer des élections anticipées pour sortir de la crise..
Samedi 3 octobre 2026, l'Espagne a connu des manifestations géantes pour le droit au logement, principalement à Madrid, mais aussi dans d'autres villes du pays. Ces rassemblements ont réuni entre 70 000 personnes, selon les autorités, et jusqu'à 500 000 selon les syndicats de locataires. À Madrid, plusieurs cortèges ont convergé vers le centre-ville en brandissant une banderole appelant à une grève générale. Ces manifestations font suite au rejet par le Parlement espagnol de deux décrets gouvernementaux visant à protéger les locataires, notamment en suspendant les expulsions de personnes vulnérables jusqu'en 2030 et en régulant les loyers. Le mouvement s'inscrit dans une crise du logement qui dure depuis plusieurs années, aggravée par l'augmentation des prix et la pénurie de logements abordables.
La crise du logement en Espagne est marquée par une hausse des loyers et une pénurie de logements accessibles. Par exemple, un appartement de deux pièces à Madrid coûte désormais environ 1 000 € par mois, soit 1 600 CAD, contre 900 € (1 400 CAD) pour un trois pièces partagé auparavant. Les fonds d'investissement, surnommés fonds vautours dans l'article, sont accusés d'acheter des biens immobiliers pour les retirer du marché locatif, ce qui réduit l'offre et fait monter les prix. Cette situation touche particulièrement les jeunes, les travailleurs précaires et les personnes âgées, comme Maricarmen Abascal, 87 ans, expulsée de son logement après 70 ans de location lorsque le loyer a augmenté de 275 %. Les manifestants dénoncent un système qui ne garantit pas un logement décent, essentiel pour construire un projet de vie stable.
Vendredi 2 octobre 2026, le Parlement espagnol a rejeté deux décrets proposés par le gouvernement de Pedro Sánchez. Ces décrets prévoyaient notamment de suspendre les expulsions de locataires vulnérables jusqu'en 2030, de limiter les hausses de loyer et de renouveler automatiquement les contrats de location. Leur rejet a provoqué une vague de colère et relancé les spéculations sur la possibilité que le gouvernement convoque des élections anticipées pour sortir de la crise politique et sociale. Le premier ministre s'est donné quelques jours pour évaluer la situation avant de prendre une décision. Cette crise survient dans un contexte où les partis politiques sont accusés d'être éloignés des préoccupations populaires et sous l'influence des intérêts financiers.
Deux figures symbolisent la crise du logement en Espagne. Maricarmen Abascal, 87 ans, expulsée de son logement après 70 ans de location en raison d'une augmentation de loyer de 275 %, est devenue l'emblème de la lutte pour le droit au logement. Son cas a choqué l'opinion publique et renforcé la mobilisation. Un campement de manifestants, installé depuis une semaine sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, incarne également la résistance populaire. Les manifestants y dénoncent un système où les politiciens sont perçus comme aux ordres des fonds vautours et des intérêts financiers, plutôt que de défendre les citoyens. Des slogans comme Vers la grève générale et des déclarations comme celle de Valeria Racu, porte-parole du syndicat de locataires, soulignent la détermination des manifestants à faire entendre leur voix.
Les témoignages des manifestants illustrent l'ampleur de la crise. Adhara Freile, 41 ans, jardinière vivant dans un appartement d'une pièce à Villaverde, un quartier excentré de Madrid, craint de devoir quitter son logement lorsque son bail arrivera à échéance. Marcos Sainz, 26 ans, libraire, partage son expérience : il louait auparavant un trois pièces avec des amis pour 900 € (1 400 CAD), mais aujourd'hui, un deux pièces coûte 1 000 € (1 600 CAD). Javier, 31 ans, installateur de panneaux photovoltaïques, vit dans un appartement de 90 m² avec trois autres personnes et consacre la moitié de son salaire à une minuscule chambre. Ces récits montrent que la crise touche une majorité de la population, qui se sent ignorée par les dirigeants politiques et économique.
La crise du logement s'inscrit dans un contexte politique tendu en Espagne. Le gouvernement de Pedro Sánchez, en place depuis 2018, fait face à une opposition croissante et à des critiques sur sa gestion de la crise. Le rejet des décrets sur le logement par le Parlement, dominé par une coalition fragile, a affaibli sa position. Certains observateurs évoquent la possibilité de *convoquer des élections anticipées* pour tenter de sortir de l'impasse politique et sociale. Cette crise rappelle celle vécue dans d'autres capitales européennes, comme Paris ou Berlin, où la spéculation immobilière et le tourisme de masse (via des plateformes comme Airbnb) ont également fait flamber les prix et réduit l'offre de logements abordables pour les habitants locaux.

