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Museums on prescription: how cultural activities are becoming crucial to the public health debate

The Conversation France · mis à jour il y a 3 j

"Museotherapy" is gaining ground. In Europe, cultural pursuits are connecting communities and improving collective wellbeing, according to the Culture as Care Report.

Culture priorité européenne

Le 18 juin 2026, les institutions européennes (Parlement, Commission et Conseil de l’UE) ont signé une déclaration commune faisant de la culture une priorité stratégique pour la première fois. Ce texte, intitulé Europe for Culture – Culture for Europe, s’appuie sur un rapport d’experts des États membres, Culture for Health, qui met en avant les effets bénéfiques de la culture sur la santé et le bien-être. Cette initiative marque un tournant : la culture n’est plus considérée uniquement comme un patrimoine ou un secteur économique, mais comme un levier pour la santé publique et la cohésion sociale. La déclaration s’inscrit dans un contexte où les enjeux de santé mentale, de vieillissement de la population et d’isolement social s’aggravent en Europe, notamment après la pandémie de COVID-19.

Culture comme soin

Un nouveau mouvement émerge, où la culture est perçue comme un outil de soin et non comme un substitut aux politiques sociales ou sanitaires. Le réseau européen Culture Next a publié en juin 2026 un rapport intitulé Culture as Care, qui souligne que la participation culturelle favorise le bien-être collectif en créant des espaces de rencontre et d’action collective. Ce rapport insiste particulièrement sur les jeunes, en encourageant une approche qui dépasse l’accès aux institutions culturelles pour reconnaître leur rôle actif en tant que créateurs ou organisateurs, souvent en dehors des cadres traditionnels. Cette vision s’aligne sur le principe du droit à la culture, qui garantit à chacun la possibilité de participer à la vie culturelle.

Écosystème santé-culture

En 2025, la Commission européenne a publié le rapport Culture and Health – Time to Act, proposant la création d’un écosystème santé-culture pour répondre à des problèmes socio-sanitaires majeurs en Europe. Ces problèmes incluent l’épuisement post-pandémie, le vieillissement de la population, l’isolement social, les inégalités croissantes et un contexte géopolitique tendu. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déjà souligné en 2019, dans son rapport What is the evidence on the role of the arts in improving health and wellbeing?, que les activités artistiques stimulent simultanément l’appréciation esthétique, l’imagination, les sens, les émotions et la cognition. Ces stimulations déclenchent des réponses psychologiques, physiologiques, sociales et comportementales positives, bénéfiques pour la santé.

Museothérapie pionnière

Certaines institutions culturelles ont été des précurseurs dans l’utilisation de la culture comme outil thérapeutique. Par exemple, le Museum of Modern Art (MoMA) à New York a lancé dès 2006 le programme Meet Me at MoMA, des visites guidées interactives pour des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ces visites, organisées en dehors des heures d’ouverture publiques, offrent un espace d’expression et d’échange. En 2018, Nathalie Bondil, alors directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, a initié un programme de museothérapie où des médecins peuvent prescrire une visite au musée à leurs patients. Ce modèle, reconnu en France par des institutions comme l’Institut national du patrimoine (INP) et l’École du Louvre, est désormais enseigné dans des formations spécialisées.

Prescriptions muséales en Europe

Plusieurs pays européens expérimentent des programmes de prescriptions muséales, où des professionnels de santé recommandent une visite en musée à leurs patients, comme on prescrirait un médicament. En Belgique, la ville de Bruxelles et le CHU Brugmann proposent des visites gratuites pour les patients et un accompagnant. En France, le musée Louvre-Lens a lancé en 2023 le programme gratuit Louvre-Lens-Thérapie, accessible sur ordonnance médicale. Depuis 2024, l’université Claude-Bernard Lyon 1 offre un diplôme universitaire, Prescriptions culturelles : Santé et Arts, pour former les professionnels à ces nouvelles pratiques. Ces initiatives visent à ancrer la museothérapie dans un cadre théorique et éducatif, à la croisée de la muséologie, des neurosciences et des sciences sociales.

Preuves scientifiques émergentes

Plusieurs études récentes tentent de mesurer les effets des visites en musée sur la santé. Au Canada, une étude de 2025 sur les effets d’une visite prescrite au Musée des beaux-arts de Montréal a montré une amélioration du bien-être et de la qualité de vie des patients. Au Royaume-Uni, une étude quantitative dans sept musées de Londres et du Kent a conclu que les programmes muséaux améliorent le bien-être psychologique des personnes âgées sur le long terme. En France, une étude de l’Inserm à Caen en 2025 a évalué les bénéfices des visites muséales sur différents groupes de population. En Italie, le projet ASBA (Anxiety, Stress, Brain-friendly Museum Approach) a mesuré une réduction de 25 % du stress et de l’anxiété chez les participants après des activités culturelles, grâce à l’analyse de leur activité cérébrale.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces avancées, des questions persistent. Les recherches soulignent la nécessité de mieux comprendre les mécanismes par lesquels la culture agit sur la santé, notamment l’influence des représentations familiales et des profils socio-démographiques. Une étude récente de 2026 montre que l’expérience muséale varie fortement selon le milieu social et l’éducation reçue dès l’enfance. Par ailleurs, l’articulation entre les champs artistique et thérapeutique reste délicate : les musées doivent-ils devenir des lieux de soin, ou conserver leur rôle culturel tout en intégrant des dimensions sanitaires ? Des conférences comme *Who Cares? Museums, Wellbeing and Resilience* (2025) reflètent ces débats et la nécessité de prendre du recul pour évaluer cette tendance en pleine expansion.

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