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AOC Media · mis à jour 3 oct.

Deux petites filles de 7 et 10 ans face à l’emprise d’une secte bouddhiste sur leur mère. C’est ce que raconte l’historienne Pauline Peretz, qui fut l’une des deux enfants.

Contexte familial

L’article est un récit autobiographique écrit par une historienne, Pauline Peretz, qui raconte son enfance marquée par l’emprise d’une secte bouddhiste sur sa mère. À l’époque des faits, elle a 7 ans et sa sœur a 10 ans. Leur mère, une universitaire, commence à montrer des signes de détresse psychologique : elle peine à se lever le matin, à s’occuper des enfants et à assurer ses cours à l’université. Sans explication claire, elle adopte de nouveaux comportements qui inquiètent ses filles. Ce récit se déroule dans un cadre urbain non précisé, mais on sait que la famille vit dans un appartement situé à proximité d’une boutique tenue par une recrue de la Soka Gakkai, une organisation bouddhiste japonaise. Les enfants perçoivent ces changements sans comprendre leurs causes profondes, ce qui ajoute une dimension de tension et d’incompréhension à leur quotidien.

Pratique religieuse imposée

La mère des deux enfants adopte une pratique religieuse intense, centrée sur la récitation quotidienne d’un texte sacré bouddhiste appelé le sutra du lotus de la bonne loi. Ce texte, écrit en chinois archaïque, est une prière ou un mantra dont les syllabes doivent être répétées avec une grande concentration. La mère, qui ne maîtrise pas cette langue, apprend les sons par cœur et les récite chaque jour dans la salle de bain, isolée des autres membres de la famille. Cette pratique est présentée comme un moyen de retrouver force et confiance, mais elle s’accompagne d’un isolement progressif. Les enfants observent leur mère s’absenter mentalement pendant ces séances, qui deviennent de plus en plus longues. La mère justifie ces rituels en affirmant qu’ils lui permettront d’être une meilleure mère et une meilleure personne, mais ses filles restent perplexes face à ces changements.

Rôle de la recrue

La transformation de la mère est directement liée à l’influence d’une voisine, Hélène Y, qui tient une boutique à proximité de leur domicile. Cette femme, décrite comme une recrue active de la Soka Gakkai, y a installé un autel pour encourager la pratique religieuse des nouveaux convertis du quartier. Elle vend des vêtements, des objets asiatiques et des nems, mais son rôle principal semble être le recrutement. La mère des enfants fréquente régulièrement cette boutique, où elle trouve aussi des repas. Hélène Y repère rapidement la vulnérabilité de la mère et exploite cette faille pour la convaincre de rejoindre la secte. Le récit suggère que cette femme agit comme un agent recruteur, utilisant des stratégies pour s’attacher sa proie et ne plus la lâcher.

Résistance des enfants

Les deux filles, âgées de 7 et 10 ans, perçoivent les changements chez leur mère sans en comprendre les causes. Elles observent son isolement, ses rituels incompréhensibles et son absence progressive du quotidien familial. Bien que les adultes autour d’elles (notamment leur mère) ne leur expliquent rien, elles devinent que quelque chose ne va pas. Leur résistance se manifeste par une attente silencieuse, une curiosité inquiète et une tentative de préserver leur relation avec leur mère malgré les transformations qu’elles subissent. Le récit souligne leur lucidité face à une situation qu’elles ne peuvent encore nommer, mais qui les pousse à chercher des réponses ou à se raccrocher à des repères familiers. Leur âge et leur innocence rendent leur position encore plus vulnérable.

Conséquences psychologiques

La pratique religieuse imposée et l’isolement qui l’accompagne ont des répercussions profondes sur la santé mentale de la mère. Elle perd progressivement sa capacité à assumer ses responsabilités quotidiennes : se lever le matin, s’occuper de ses enfants ou enseigner à l’université devient difficile. Les rituels, présentés comme une solution, aggravent en réalité son état. Le récit évoque une forme de dissociation : la mère est physiquement présente mais mentalement absente, coupée du monde réel. Les enfants assistent, impuissants, à cette dégradation, sans que personne ne leur explique ce qui se passe. Cette situation illustre les mécanismes d’emprise sectaire, où la victime est progressivement coupée de son entourage et de ses repères.

Ce que ça pourrait changer

La *Soka Gakkai* est une organisation bouddhiste japonaise fondée au XXe siècle, issue d’une branche du bouddhisme *Nichiren*. Elle est souvent classée parmi les *nouveaux mouvements religieux* et a fait l’objet de controverses en raison de ses méthodes de recrutement et de son emprise sur certains de ses membres. Dans le récit, elle est présentée comme une secte en raison de son influence sur la mère des enfants, qui adopte des pratiques rigides et s’isole progressivement de sa vie antérieure. Le terme *secte* n’est pas utilisé dans l’article, mais le contexte suggère une dynamique d’emprise, où la pratique religieuse devient un outil de contrôle. La Soka Gakkai est active en France, où elle est reconnue comme une association cultuelle, mais certains observateurs critiquent ses méthodes de prosélytisme.

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