Le Japon veille à la continuité de la famille impériale mais exclut toujours la possibilité d’une impératrice
Un texte adopté vendredi 17 juillet, soutenu par le gouvernement conservateur de Sanae Takaichi, permet à la famille impériale d’adopter des garçons issus de ses branches éloignées. La presse japonaise regrette que cela ferme de facto la succession à une femme, idée pourtant soutenue par l’opinion publique..
Le 17 juillet 2024, le Sénat japonais a adopté une loi sur la succession impériale, marquant une étape historique pour la famille impériale japonaise, appelée kozoku en japonais. Cette réforme, portée par le gouvernement conservateur de Sanae Takaichi, vise à assurer la pérennité de la dynastie. Elle a été précédée par un vote à la chambre basse, confirmant son adoption définitive. Selon l’agence de presse Jiji Tsushin, cette loi représente l’une des mesures phares du mandat actuel. La Première ministre japonaise a salué cette avancée en déclarant, citée par le quotidien Sankei Shimbun, être « émue d’avoir réalisé cette réforme ». Ce texte s’inscrit dans un débat de longue haleine sur l’avenir de la monarchie japonaise, confrontée à une crise de succession.
La loi apporte deux modifications significatives au statut des membres de la famille impériale. D’abord, elle permet aux femmes issues de la kozoku de conserver leur statut de membre royal après leur mariage, une règle qui n’existait pas auparavant. Jusqu’ici, elles devaient quitter le cercle impérial si elles épousaient une personne extérieure à la famille. Ensuite, la réforme autorise certains membres de la famille à adopter des enfants, mais sous des conditions strictes. L’enfant adopté doit être un descendant masculin de l’une des onze branches éloignées de la kozoku et avoir un lien de filiation avec un empereur du côté paternel, appelé « lignée masculine ». Ces mesures visent à élargir les possibilités de succession tout en maintenant des critères de légitimité historique.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte où la famille impériale japonaise fait face à une pression démographique et sociale. La princesse **Aiko**, petite-fille de l’empereur **Naruhito**, incarne symboliquement cette question, bien que la loi adoptée ne lui ouvre pas directement la voie au trône. Le Japon, société traditionnellement patriarcale, reste réticent à l’idée d’une impératrice régnante, malgré des débats récurrents. Le gouvernement de **Sanae Takaichi**, figure politique influente, a choisi une approche progressive en facilitant d’abord la conservation du statut pour les femmes mariées et en élargissant les possibilités d’adoption. Cette loi ne remet pas en cause la primauté masculine dans la succession, mais elle représente une avancée notable pour l’égalité des genres au sein de l’institution impériale.

