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Culture

Que nous dit la Tapisserie de Bayeux de la violence au Moyen Âge ? / Que reste-t-il de Mao en Chine ? / Revenir au corps

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 12 j

La philosophie a longtemps préféré l'esprit à la peau, et le concept au vécu. Nous recevons ce matin deux auteurs qui font l'inverse : ils écrivent depuis le corps..

La Tapisserie de Bayeux

La Tapisserie de Bayeux est une œuvre textile du XIe siècle, longue de 70 mètres, qui relate la conquête normande de l’Angleterre en 1066 par Guillaume le Conquérant. Elle est considérée comme une source majeure pour comprendre la société médiévale, notamment la place de la violence. Hugo Fresnel, maître de conférences en histoire médiévale, y analyse les scènes de bataille et de pillage pour montrer comment la violence était perçue et représentée au Moyen Âge. Contrairement à une idée reçue, ces représentations ne glorifient pas toujours la brutalité : elles reflètent aussi des normes sociales et des codes de conduite propres à l’époque. Par exemple, les scènes de violence sont souvent encadrées par des rituels ou des symboles religieux, suggérant une forme de légitimation ou de contrôle de cette violence. Cette tapisserie illustre ainsi la complexité des rapports de force et des valeurs morales de l’époque féodale.

L'héritage de Mao en Chine

Jean-Philippe Béja, sinologue et politiste, revient sur l’héritage de Mao Zedong, décédé il y a 50 ans, dans la Chine contemporaine dirigée par Xi Jinping. Mao a marqué l’histoire chinoise par sa révolution culturelle (1966-1976), une période de chaos politique et social marquée par des purges, des persécutions et une répression massive. Aujourd’hui, la Chine de Xi Jinping utilise des outils modernes de surveillance (comme la reconnaissance faciale ou les big data) pour contrôler la population, un héritage direct des méthodes de contrôle social mises en place sous Mao. Béja souligne que, malgré les réformes économiques, le Parti communiste chinois maintient un système autoritaire où la surveillance et la punition restent des piliers du pouvoir. Par exemple, les laogai (camps de rééducation par le travail) ont évolué en systèmes de détention plus sophistiqués, mais tout aussi répressifs. La Chine actuelle conserve donc une partie de l’héritage maoïste, tout en l’adaptant aux technologies modernes.

Ce que ça pourrait changer

Claire Marin, philosophe, et Jean-Baptiste Del Amo, écrivain, explorent dans leurs travaux récents la question du corps comme sujet central de la réflexion philosophique et littéraire. Longtemps, la philosophie occidentale a privilégié l’esprit ou la raison au détriment du corps, considéré comme un simple support matériel. Cependant, ces deux auteurs proposent une approche inverse : ils analysent les expériences corporelles (la maladie, la souffrance, la sexualité) pour comprendre l’humain dans sa globalité. Claire Marin, dans son ouvrage *Nos vies écorchées* (à paraître le 9 septembre 2026), s’intéresse aux corps marqués par la maladie ou les traumatismes, montrant comment ces expériences redéfinissent notre rapport à nous-mêmes et aux autres. Jean-Baptiste Del Amo, dans *Une éclaircie* (paru le 19 août 2026), aborde quant à lui la résilience et la reconstruction à travers le prisme du corps, en s’appuyant sur des récits personnels et historiques. Leur travail illustre une tendance récente en philosophie et en littérature à réhabiliter le corps comme lieu de sens et d’expression.

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