Trump sème le doute sur la fiabilité du système électoral américain à trois mois des “midterms”
Dans un discours à la nation jeudi soir, le républicain a dénoncé des “vulnérabilités choquantes” dans le système électoral. Il a notamment pointé la Chine du doigt et laissé planer son intention de contester les résultats des élections de mi-mandat en novembre..
Le 17 juillet 2024, Donald Trump, président américain, a prononcé un discours télévisé pour évoquer la sécurité des élections à venir aux États-Unis. Il a remis en cause la fiabilité du système électoral américain, notamment en répétant des affirmations non vérifiées sur le scrutin de 2020, où il avait été battu par Joe Biden. Trump a accusé sans preuve la Chine d’avoir mené une opération de piratage massive visant à voler 220 millions de fichiers d’électeurs américains. Il a présenté des documents déclassifiés pour étayer ses dires, mais ces documents contiennent des conclusions plus prudentes que ses déclarations publiques. Le discours s’inscrit dans un contexte de préparation des élections de mi-mandat, prévues en novembre 2024, où tous les sièges de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat seront renouvelés.
Donald Trump a affirmé que la Chine avait mené la plus grande opération de piratage de données électorales de l’histoire, en volant 220 millions de fichiers d’électeurs américains. Cependant, des médias comme The New York Times précisent que ces données sont souvent accessibles gratuitement en ligne ou peuvent être achetées. Ces fichiers contiennent des informations sur les électeurs, comme leur nom ou leur adresse, mais ne permettent pas de modifier les votes. Les accusations de Trump s’appuient sur des documents déclassifiés, mais ceux-ci ne confirment pas une interférence directe dans le processus électoral. Les services de renseignement américains n’ont jamais établi de lien entre ces données volées et une manipulation des résultats.
Donald Trump a répété ses allégations selon lesquelles l’élection présidentielle de 2020 aurait été volée par une fraude massive en faveur de Joe Biden. Il a qualifié de « bureaucrates véreux » les responsables électoraux et a affirmé que ces fraudes pourraient se reproduire lors des prochaines élections. Pourtant, aucune preuve publique ne soutient ces accusations, et les tribunaux américains, y compris la Cour suprême, ont rejeté les recours de Trump. Il a également laissé entendre qu’il pourrait contester les résultats des élections de mi-mandat en novembre 2024, s’il estime qu’il y a eu des irrégularités. Depuis 2016, Trump promet régulièrement de révéler des preuves irréfutables de fraude, sans jamais les produire.
Dans son discours, Donald Trump a défendu le SAVE America Act, une proposition de loi visant à réformer le système électoral américain. Ce texte imposerait notamment la présentation d’une pièce d’identité avec photo pour voter et d’un justificatif de citoyenneté américaine pour s’inscrire sur les listes électorales. Les démocrates critiquent ce projet, estimant qu’il pourrait compliquer l’accès au vote pour des millions d’Américains, en particulier les électeurs modestes et les minorités. La loi s’inscrit dans une stratégie plus large de restriction du vote, déjà appliquée dans certains États dirigés par les républicains, où des lois similaires ont été adoptées sous prétexte de lutter contre la fraude électorale.
Des observateurs, comme Ty Cobb, ancien avocat de la Maison-Blanche sous Trump, craignent que le président utilise les élections de mi-mandat de novembre 2024 pour déclarer l’état d’urgence. Cobb évoque la possibilité que des agents de l’*ICE* (Immigration and Customs Enforcement, une agence fédérale chargée de l’immigration) soient déployés dans les bureaux de vote, une mesure qui pourrait intimider les électeurs issus des minorités ou des communautés immigrées. Certains craignent aussi que la Garde nationale soit mobilisée, bien que cela ne soit pas confirmé. Ces actions pourraient servir à perturber le processus électoral et à empêcher l’élection de candidats démocrates, tout en maintenant l’influence de Trump sur le système politique américain.

