À voir gratuitement sur mk2 Curiosity : « L’abstinence » vue par les étudiants de la promo 2025-2026 du Master cinéma de la Sorbonne
Les étudiants du Master « Réalisation, scénario, production » de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, dirigé par le cinéaste et enseignant Frédéric Sojcher, explorent en cinq films singuliers la thématique de « l’abstinence ». Ils sont à voir gratuitement dans cet article, en partenariat avec la plateforme SOONER..
Cinq courts métrages réalisés par des étudiants du Master « Réalisation, scénario, production » de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne explorent le thème de l’abstinence sous différents angles. Ces films, réalisés dans le cadre d’un projet pédagogique dirigé par le cinéaste et enseignant Frédéric Sojcher, sont accessibles gratuitement sur la plateforme mk2 Curiosity en partenariat avec SOONER. Chaque œuvre aborde une forme d’abstinence distincte, qu’elle soit médicale, sociale, affective ou technologique, en s’appuyant sur des récits personnels ou des fictions. Les étudiants ont eu pour mission de traduire ces abstinences en images, en mobilisant des techniques narratives et visuelles variées.
Le film La Petite Tempête, réalisé par Jules Morlon, suit l’histoire de Célia, une enfant de 10 ans diagnostiquée avec un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Ce trouble, qui affecte la capacité à se concentrer et à contrôler les impulsions, est souvent traité par des médicaments stimulants. Dans le film, la mère de Célia lui administre ces médicaments, ce qui améliore sa concentration mais supprime aussi sa créativité et son énergie. Célia décide alors, sans en informer sa mère, de suspendre son traitement. Le film illustre ainsi le dilemme entre l’efficacité des médicaments et leur impact sur la personnalité et l’épanouissement de l’enfant.
Dans La Fuite, Eva Krivitsky explore le parcours de Zoï, une jeune femme autrefois dépendante aux drogues, qui craint de replonger lors d’une soirée en rave. Les raves, ou free parties, sont des événements musicaux clandestins ou semi-clandestins où la musique électronique, comme la techno ou l’électro, est centrale. Zoï, accompagnée d’une amie, se rend à une rave et se laisse emporter par l’ambiance. Le film dépeint une jeunesse en quête de liberté, tout en évitant une vision moralisatrice des raves, souvent associées à la consommation de substances. Le titre La Fuite renvoie à la fois à l’évasion recherchée par les personnages et à leur lutte contre leurs démons intérieurs.
Karyna Bielora, réalisatrice ukrainienne exilée à Paris, signe Auto Otage, un autoportrait en noir et blanc où elle explore sa souffrance physique et émotionnelle. Blessée au dos et marquée par la guerre en Ukraine, elle décrit comment cette double peine l’enferme dans une forme d’abstinence : celle de la joie et de la légèreté. Le film utilise un montage dynamique, alternant entre des images brutes et une voix off pour exprimer la tension entre la douleur physique et la nostalgie de son pays. L’abstinence, ici, devient une métaphore de l’exil et de la perte d’identité.
Elliot Nicolas aborde dans It’s Only Sex la question du VIH et de la honte associée à cette maladie dans les relations amoureuses. Le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) est un virus qui affaiblit le système immunitaire et peut évoluer vers le sida (syndrome d’immunodéficience acquise) s’il n’est pas traité. Dans le film, un jeune homme séropositif et hétérosexuel participe à un groupe de parole où il repousse les avances d’une participante. Plus tard, lors d’une rencontre avec une autre femme, la honte le pousse à mentir sur sa séropositivité. Le court métrage interroge ainsi les tabous persistants autour du VIH et leur impact sur les relations intimes.
Dans *Soph.I.A*, Gustave Pelletier et Denis Sharganov imaginent une dystopie où l’intelligence artificielle (IA) impose une forme d’abstinence émotionnelle. L’IA, ici, est présentée comme une technologie omniprésente qui mesure et contrôle les émotions humaines, notamment l’amour. Le personnage principal, Maxime, doit choisir entre renoncer à ressentir ou accepter de souffrir par amour. Le film s’inspire d’œuvres comme *Le Meilleur des mondes* d’Aldous Huxley ou *1984* de George Orwell, où la technologie devient un outil de contrôle social. Les effets visuels, comme les écrans multipliés et les corps digitalisés, renforcent cette atmosphère futuriste et oppressante.

