Plusieurs préfets et maires ont pris des arrêtés ce lundi pour mettre en place des couvre-feux la nuit dernière
Si la nuit a été globalement plus calme, les commerçants visés par des pillages en marge des manifestations s'inquiètent puisqu'un acte II est prévu ce samedi. Les organisateurs l'assurent : ils veulent avant tout faire entendre leurs revendications et leur ras-le-bol face à la vie chère.
Dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre 2026, plusieurs préfets et maires en France ont mis en place des couvre-feux pour limiter les risques de violences et de pillages lors des manifestations contre la hausse du coût de la vie. Ces restrictions interdisent de sortir dans la rue pendant la nuit, avec des règles variables selon les villes. À Lille et Nice, elles concernaient uniquement les mineurs jusqu’à 6 heures du matin, tandis qu’à Lyon et Paris, elles s’appliquaient à tous les habitants. Ces mesures d’urgence visent à rétablir l’ordre public après plusieurs jours de tensions, notamment à Marseille où des commerces ont été vandalisés. Les autorités justifient ces décisions par la nécessité de protéger les biens et les personnes, tout en rappelant que ces restrictions sont temporaires et ciblées.
Les forces de l’ordre ont mené 2 500 gardes à vue depuis le début des manifestations, selon les déclarations de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, ce lundi 20 octobre 2026. Parmi ces personnes en garde à vue, 67 sont placées en détention provisoire, ce qui signifie qu’elles sont incarcérées en attendant leur procès. Par ailleurs, quatre enquêtes sont en cours pour examiner d’éventuelles violences policières commises lors des rassemblements. Un cas particulièrement grave a été signalé : un jeune de 17 ans a perdu la main après avoir été touché par une grenade lancée par des forces de l’ordre. Ces incidents alimentent les tensions entre manifestants et autorités, alors que des heurts ont également éclaté en Guadeloupe et en Martinique, où des barrages ont été érigés pour protester contre la vie chère.
Malgré les couvre-feux et les interventions policières, les revendications des manifestants restent inchangées. Les organisateurs, notamment la coordination des Gilets jaunes, appellent à une nouvelle mobilisation ce samedi 24 octobre 2026, surnommée l’acte II. Les manifestants dénoncent principalement la vie chère, le manque de pouvoir d’achat et l’insuffisance des moyens alloués à l’éducation. Les syndicats étudiants se joignent à ce mouvement et préparent également des actions pour exiger des réponses concrètes de la part des autorités. À Marseille, entre 400 et 500 commerçants ont été touchés par des pillages lors des précédents rassemblements, selon la Chambre de commerce et de l’industrie locale. Cette situation préoccupe les professionnels, qui craignent de nouvelles dégradations.
Les forces de l’ordre, déjà mobilisées pour gérer les blocages de lycées ces dernières semaines, montrent des signes d’épuisement. Lors des manifestations de ce week-end, les policiers et gendarmes ont parfois été débordés par l’ampleur des violences, notamment dans plusieurs villes où les forces de sécurité ont peiné à maintenir l’ordre. Cette fatigue accumulée suscite des inquiétudes quant à leur capacité à faire face à de nouvelles mobilisations, d’autant plus que l’acte II est annoncé pour samedi. Les autorités tentent de renforcer les effectifs, mais la situation reste tendue, avec un risque accru de débordements si les tensions persistent.

