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Généraliste

Des vents contraires soufflent sur Trump à un mois des élections

Le Devoir · mis à jour il y a 10 j

«Le président fait face actuellement à des chiffres historiquement accablants», selon un expert..

Contexte des élections

Les élections de mi-mandat (midterms) aux États-Unis auront lieu le 3 novembre 2026. Ces scrutins, qui interviennent à mi-chemin du mandat présidentiel, permettent d’élire l’ensemble des 435 membres de la Chambre des représentants et un tiers des 100 sièges du Sénat. Traditionnellement, ces élections servent de baromètre pour mesurer l’approbation du président en place. En 2026, les démocrates espèrent reprendre le contrôle de l’une ou des deux chambres du Congrès, ce qui leur donnerait un pouvoir de blocage face aux projets de loi du président républicain Donald Trump. Ils pourraient aussi lancer des enquêtes parlementaires contre lui et ses proches, notamment pour des accusations de corruption. Une défaite républicaine affaiblirait considérablement l’influence de Trump pour les deux dernières années de son mandat.

Sondages défavorables

Les sondages actuels indiquent une tendance très défavorable aux républicains. Une enquête récente de l’université Emerson révèle que les démocrates mènent avec une avance de 11 points à l’échelle nationale. Selon Spencer Kimball, directeur exécutif des sondages d’Emerson, ces chiffres, bien que génériques, reflètent une potentielle « vague démocrate ». Les électeurs hispaniques, qui avaient massivement soutenu Trump en 2024, se tournent désormais vers les démocrates : 64 % d’entre eux préféreraient élire un candidat démocrate en 2026, contre seulement 31 % pour un républicain. Ces données suggèrent un changement de tendance dans un groupe démographique clé pour Trump.

Popularité en chute

La popularité de Donald Trump atteint des niveaux historiquement bas pour un président en amont des élections de mi-mandat. Selon le Wall Street Journal, seulement 37 % des Américains approuvent son action, un chiffre qualifié de « historiquement accablant » par Julian Zelizer, professeur d’histoire politique à l’université de Princeton. Ce niveau de soutien est le plus faible enregistré par le Wall Street Journal en 36 ans de sondages. Les Américains lui reprochent principalement de ne pas avoir tenu sa promesse phare de réduire le coût de la vie. De plus, son engagement de ne pas engager les États-Unis dans de nouvelles guerres a été contredit par son implication dans un conflit avec l’Iran aux côtés d’Israël, une situation qu’il peine à résoudre.

Stratégie de campagne

Malgré ces difficultés, Donald Trump tente de transformer les élections de mi-mandat en un référendum sur sa personne. Il a demandé à ses partisans de « prétendre qu’il est candidat » et a annoncé une grande tournée de campagne à travers le pays pour soutenir les candidats républicains. Il affirme que « tous veulent qu’il vienne », suggérant une mobilisation de ses bases électorales. Cependant, cette stratégie comporte des risques, car elle pourrait polariser davantage l’électorat et aliéner des électeurs modérés. Par ailleurs, certains républicains commencent à prendre leurs distances avec lui, critiquant ouvertement ses politiques, comme ses mesures de contrôle de l’immigration jugées trop strictes.

Défis républicains

Les républicains font face à des défis internes et externes. Plusieurs figures du parti, comme Maria Elvira Salazar, députée républicaine de Floride, ont critiqué publiquement Trump, appelant à une fin de la guerre en Iran et à des mesures plus efficaces pour réduire le coût de la vie. Malgré ces tensions, les républicains disposent d’un avantage financier majeur : ils peuvent financer massivement des campagnes publicitaires à la télévision dans les dernières semaines avant le scrutin. De plus, le redécoupage électoral (gerrymandering) effectué dans plusieurs États contrôlés par les républicains a réduit le nombre de sièges que les démocrates peuvent espérer gagner de manière réaliste.

Ce que ça pourrait changer

Une victoire démocrate massive n’est pas garantie, malgré les indicateurs actuels. Les républicains conservent des atouts financiers et stratégiques, et certains États traditionnellement républicains, comme le Texas, l’Iowa, l’Ohio et l’Alaska, pourraient encore surprendre. Après les élections, Donald Trump, qui ne pourra pas se représenter en 2028 en raison des limites de mandat présidentiel, verra sa carrière politique décliner. Cette période marquera le début d’une compétition intense au sein des deux grands partis pour trouver un successeur, tant chez les démocrates que chez les républicains. Les résultats des élections détermineront aussi l’équilibre des pouvoirs à Washington pour les deux prochaines années.

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