“Pathétique” : comment j’ai espionné mon ancienne amie
Après une rupture amicale, cette journaliste du “Sydney Morning Herald” raconte comment, à l’aide d’un faux compte, elle a “stalké” son ancienne amie sur les réseaux sociaux. Jusqu’à ce que cette dernière la bloque..
Une journaliste australienne, Becky (nom modifié), raconte dans le Sydney Morning Herald comment elle a surveillé secrètement son ancienne amie sur les réseaux sociaux après leur rupture amicale. Cette surveillance, qu’elle qualifie de pathétique, s’est faite via un faux compte Instagram créé spécialement pour l’occasion. L’auteure décrit une habitude compulsive : déverrouiller son téléphone, ouvrir Instagram et rechercher le profil de son ex-amie, comme une action automatique, presque inconsciente. Elle ressentait une forme d’adrénaline à chaque fois qu’elle voyait sa photo de profil, avant de réaliser l’absurdité de son comportement. Ce phénomène illustre l’impact des réseaux sociaux sur les relations humaines, où la frontière entre curiosité et intrusion devient floue.
Un jour, Becky ne trouve plus le profil de son ancienne amie sur Instagram. Après avoir vérifié depuis un autre compte, plus ancien et rarement utilisé, elle découvre que son ex-amie l’a bloquée. Ce blocage s’applique à la fois à son compte principal et au faux compte qu’elle avait créé pour espionner. La journaliste ressent alors un mélange de honte et de gêne, réalisant que son ancienne amie a probablement deviné l’identité de la personne derrière ce compte anonyme. Cet épisode marque la fin de sa surveillance, mais aussi une prise de conscience sur les limites à ne pas franchir dans les relations, même après une rupture.
La rupture amicale entre Becky et son ancienne amie s’inscrit dans un contexte particulier : la pandémie de Covid-19. Les circonstances de cette période, marquée par l’isolement et les tensions, ont accéléré la dégradation de leur amitié, qui avait pourtant débuté sous les meilleurs auspices. Leur passion commune pour l’équitation avait initialement créé un lien fort, mais les contraintes sanitaires et les incompréhensions ont fini par creuser un fossé entre elles. Cet article met en lumière comment les crises personnelles, amplifiées par des contextes externes comme une pandémie, peuvent transformer des relations positives en conflits durables.
L’auteure décrit son comportement comme une habitude paresseuse, une routine compulsive qui s’est installée sans qu’elle en prenne conscience. Elle compare cette surveillance à une forme d’addiction, où le cerveau agit de manière automatique, comme si les doigts se déplaçaient seuls vers l’application. Ce phénomène n’est pas isolé : les réseaux sociaux, conçus pour capter l’attention, exploitent des mécanismes psychologiques similaires à ceux des jeux d’argent ou des substances addictives. L’article souligne ainsi le rôle des plateformes numériques dans la création de comportements compulsifs, même dans des contextes personnels comme les relations amicales.
Le blocage par son ancienne amie met fin à cette surveillance, mais aussi à une prise de conscience pour Becky. Elle admet avoir été prise en flagrant délit d’espionnage, ce qui lui permet de remettre en question ses actions. Cet épisode révèle l’ambivalence des relations humaines à l’ère numérique : d’un côté, les réseaux sociaux offrent des outils pour rester en contact, mais de l’autre, ils peuvent devenir des instruments de surveillance ou de contrôle. L’article ne propose pas de solution, mais invite à réfléchir sur les limites à respecter dans l’usage des technologies, surtout dans un cadre personnel.
Cet article est issu du *Sydney Morning Herald*, un journal australien fondé en 1831 et considéré comme une référence dans le pays. Politiquement, il se situe au centre gauche et a historiquement soutenu les candidats travaillistes. Le journal propose des suppléments hebdomadaires, comme *News Review* et *Spectrum*, qui analysent en profondeur l’actualité. Cet article a été traduit et publié par *Courrier international*, un média francophone qui sélectionne et adapte des contenus de la presse étrangère pour un public francophone. Le titre original en anglais est *I couldn’t stop stalking a former friend on social media – then she caught me*.

