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Les nouveaux droits de douane américains menacent la reprise, selon des économistes

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 7 j

La croissance économique du Canada pourrait baisser d'un demi-point de pourcentage dans la foulée..

Nouveaux droits de douane

Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50% sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens, représentant 5% des exportations canadiennes vers les États-Unis. Ces produits incluent le ciment, le miel, l’alcool et les textiles. Cette mesure fait suite à l’échec des négociations commerciales entre les deux pays. Les droits de douane sont des taxes prélevées sur les marchandises importées d’un pays à l’autre, ce qui les rend plus chères pour les consommateurs ou les entreprises du pays importateur. Dans ce cas, les produits canadiens vendus aux États-Unis deviennent moins compétitifs, ce qui peut réduire les ventes et affecter l’économie canadienne.

Impact sur la croissance

Selon la Banque de Montréal, ces nouveaux droits de douane pourraient réduire de 0,5 point de pourcentage la croissance économique du Canada. Cela signifie que si la croissance était initialement prévue à 2%, elle pourrait chuter à 1,5%. Les investissements des entreprises et la confiance des acteurs économiques pourraient également diminuer. Le produit intérieur brut (PIB) réel, qui mesure la valeur totale des biens et services produits dans un pays, devrait afficher une croissance solide au deuxième trimestre 2026 après deux trimestres de légère contraction. Cependant, cette reprise est maintenant menacée par la guerre commerciale.

Réponse canadienne

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a annoncé que le pays riposterait en imposant des droits de douane équivalents à compter du 8 septembre. Cette mesure vise à protéger les intérêts économiques du Canada et à exercer une pression sur les États-Unis. Cependant, selon des économistes comme Bradley Saunders de Capital Economics, cette escalade pourrait rapprocher le Canada d’une récession, surtout si les États-Unis intensifient leurs mesures en réponse. Une récession est une période de déclin économique prolongé, marquée par une baisse du PIB, une hausse du chômage et une réduction des investissements.

Menaces américaines supplémentaires

Le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 50% sur les voitures et les pièces détachées à partir du 1er janvier 2027. Cette mesure ciblerait un secteur clé des exportations canadiennes vers les États-Unis. Les voitures et les pièces détachées représentent une part importante des échanges commerciaux entre les deux pays. Une telle décision aggraverait encore les tensions commerciales et pourrait avoir des répercussions majeures sur l’industrie automobile canadienne, qui est fortement intégrée à celle des États-Unis.

Conséquences sur l’investissement

Les économistes soulignent que les nouvelles mesures tarifaires pourraient freiner les décisions d’investissement des entreprises canadiennes. Le taux tarifaire effectif du Canada, qui représente le droit de douane moyen appliqué à un produit canadien à la frontière, est passé de 2,9% à 5,6%. Certains instituts estiment même qu’il pourrait atteindre entre 5% et 9%. Cette hausse réduit l’avantage tarifaire du Canada par rapport à d’autres économies et crée une incertitude quant à l’avenir du libre-échange en Amérique du Nord. L’incertitude pousse souvent les entreprises à reporter ou annuler leurs projets d’investissement.

Rôle de la Banque du Canada

Les récentes incertitudes commerciales pourraient inciter la Banque du Canada à maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Bien que les droits de douane de rétorsion puissent attiser l’inflation (hausse générale des prix), cette pression pourrait être compensée par un ralentissement de la croissance économique lié à la guerre commerciale. La Banque du Canada est l’institution responsable de la politique monétaire du pays, notamment en fixant les taux d’intérêt, qui influencent le coût du crédit pour les ménages et les entreprises. Une inflation élevée réduit le pouvoir d’achat des consommateurs, tandis qu’un ralentissement économique peut freiner les investissements.

Ce que ça pourrait changer

Les économistes **Robert Kavcic** et **Bradley Saunders** estiment que les tensions commerciales pourraient compliquer la **renégociation de l’accord ACEUM** (Accord Canada–États-Unis–Mexique), qui remplace l’**ALENA** depuis 2020. L’ACEUM est un traité de libre-échange qui facilite les échanges commerciaux entre les trois pays en réduisant les barrières tarifaires et non tarifaires. Les entreprises, confrontées à une incertitude accrue, pourraient hésiter à investir ou à s’engager dans des projets à long terme, ce qui fragiliserait les relations économiques en Amérique du Nord.

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