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Le pape Léon XIV peut contribuer à améliorer les opérations de secours aux naufragés en Méditerranée

The Conversation France · mis à jour 25 sept.

L’ESSENTIEL En Méditerranée, les secours maritimes se dégradent. Malgré la baisse du nombre de traversées, le nombre de noyés augmente.

Crise humanitaire en Méditerranée

La Méditerranée est devenue un cimetière géant où plus de 35 000 personnes ont péri depuis 2014 en tentant de rejoindre l’Europe. Malgré une baisse des traversées (60 000 arrivées en 2026 contre 98 040 en 2025, soit -39 %), le nombre de noyades augmente : 2 292 morts ou disparus en 2026 contre 1 999 en 2025. Cette situation s’explique par l’effondrement des dispositifs de secours, où les ONG jouent désormais un rôle central faute d’intervention des États. La Libye et la Tunisie, externalisent les sauvetages pour l’Italie, mais ces pays ne garantissent pas la sécurité des migrants. Par exemple, 192 000 personnes ont été renvoyées en Libye entre 2016 et 2025, dont 25 % en 2025, malgré les risques de violences et de refoulement illégal.

Rôle des États côtiers

Le droit maritime international impose aux États côtiers (comme l’Italie) de surveiller leurs zones maritimes, coordonner les secours et accueillir les rescapés dans un lieu sûr. Pourtant, depuis 2017, leur rôle a fortement diminué : en 2025, seulement 4 % des alertes de détresse étaient lancées par les autorités, contre 70 % en 2017. Les États refusent souvent d’assister les navires en détresse, bloquent les communications ou ignorent les ONG, pourtant légalement obligées de porter secours. Cette défaillance aggrave la crise, car les rescapés ne sont pas secourus à temps, et les navires humanitaires sont systématiquement éloignés des zones dangereuses.

Externalisation vers Libye et Tunisie

L’Italie externalise ses obligations de sauvetage vers la Libye depuis 2017 et vers la Tunisie depuis 2024. Ces pays ont créé des zones SAR (Search and Rescue, zones de recherche et sauvetage) pour recevoir des subventions européennes, mais les migrants y subissent des violences. En Tunisie, 5 077 retours volontaires ont été enregistrés en 2026. La Libye, notoirement dangereuse pour les migrants, a vu le nombre de renvois forcés passer de 7 % en 2016 à 25 % en 2025. L’agence européenne Frontex a aussi été critiquée pour avoir transmis des alertes aux garde-côtes libyens plutôt qu’aux ONG, mettant des vies en danger.

Obstacles aux ONG humanitaires

Les ONG de sauvetage, comme SOS Méditerranée ou Médecins sans frontières, sont systématiquement entravées. Elles ne reçoivent presque aucun financement public européen, subissent des campagnes de diffamation (accusées à tort de collaborer avec des passeurs) et doivent débarquer les rescapés dans des ports éloignés, comme en 2025 où le navire Ocean Viking a navigué 87 jours de plus que nécessaire, coûtant 600 000 € supplémentaires en carburant. Ces stratégies épuisent financièrement les ONG et réduisent leur capacité à repérer les bateaux en détresse. En 2025, le navire Geo Barents a dû cesser ses opérations à cause de ces contraintes.

Violences contre les ONG

Les garde-côtes libyens multiplient les attaques contre les navires humanitaires. Par exemple, le 24 août 2025, l’Ocean Viking a subi une agression violente. Ces actes visent à dissuader les ONG de patrouiller en Méditerranée, où elles sont les seuls témoins indépendants des naufrages. Cette stratégie, combinée aux autres obstacles, crée un environnement où les migrants en détresse ne sont ni secourus ni même repérés à temps, augmentant mécaniquement le nombre de morts.

Ce que ça pourrait changer

Le pape Léon XIV, par son autorité morale, pourrait influencer les politiques migratoires. Lors de ses déplacements aux **Canaries** et à **Lampedusa** en 2026, il a déjà condamné les noyades en déclarant : *« Nous ne pouvons pas nous accoutumer à compter les morts »*. Il pourrait notamment faire pression pour que l’Italie cesse de désigner des ports de débarquement éloignés, comme le sud de la péninsule. Cela permettrait aux ONG d’économiser du carburant (600 000 € en 2025 pour l’*Ocean Viking*) et de se concentrer sur le sauvetage précoce, réduisant ainsi la mortalité. Son intervention s’inscrit dans la continuité du pape François, qui avait déjà dénoncé cette crise.

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