Narcotrafic : au Mexique, la tentative de retour d’un gouverneur embarrasse Sheinbaum
Accusé par les États-Unis de liens avec le narcotrafic, le gouverneur de l’État de Sinaloa, Rubén Rocha Moya, membre du parti au pouvoir Morena, a démissionné une nouvelle fois après avoir tenté de reprendre son poste. Une affaire qui embarrasse la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, et son parti à moins d’un an des élections de gouverneurs en 2027..
Le Mexique traverse une crise politique liée à des accusations de liens avec le narcotrafic visant un gouverneur. Rubén Rocha Moya, gouverneur de l’État de Sinaloa, membre du parti au pouvoir Morena (Mouvement de régénération nationale, gauche), a été accusé par les États-Unis de collaborer avec des cartels de drogue. Ces accusations ont forcé sa démission temporaire en mai 2026, puis son retour controversé en août 2026, avant qu’il ne démissionne à nouveau. Cette affaire met en difficulté Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique depuis 2024 et membre du même parti Morena. Elle a qualifié son retour d’imprudent face aux accusations, soulignant qu’elle n’avait pas été informée de sa tentative de reprise de fonctions. Le Congrès de Sinaloa a nommé une gouverneure par intérim, Graciela Domínguez Nava, pour terminer son mandat jusqu’en 2027.
Les États-Unis ont officiellement accusé Rubén Rocha Moya et neuf autres responsables politiques de Sinaloa, dont le maire de Culiacán (capitale de l’État), d’avoir des liens avec le narcotrafic. Ces accusations, révélées en mai 2026, ont déclenché une enquête du bureau du procureur général du Mexique. L’État de Sinaloa est particulièrement touché par la violence des cartels, avec des affrontements fréquents et meurtriers. Sheinbaum a précisé que la décision de poursuivre ou non ces responsables revenait au procureur général, et non à elle. Ces accusations surviennent moins d’un an avant les élections de gouverneurs de 2027, un scrutin crucial pour Morena, qui cherche à conserver son influence dans un contexte de tensions avec les États-Unis.
La réaction de Claudia Sheinbaum révèle les tensions entre le Mexique et les États-Unis, ainsi que les défis internes pour Morena. En qualifiant le retour de Rocha Moya d’imprudent, elle tente de se distancier d’un scandale qui pourrait nuire à son parti. Pourtant, son silence initial sur ces accusations a été critiqué, d’autant que l’enquête est toujours en cours. Par ailleurs, cette affaire illustre la difficulté du Mexique à lutter contre le narcotrafic, malgré les promesses de Sheinbaum de renforcer la sécurité. Le pays reste sous pression des cartels, qui infiltrent les institutions locales, comme le montre l’exemple de Sinaloa, un État historiquement lié aux trafics de drogue.
Les élections de gouverneurs prévues en 2027 ajoutent une dimension politique à cette crise. *Morena*, le parti de Sheinbaum, doit faire face à des accusations de complicité avec le crime organisé, ce qui pourrait affaiblir sa crédibilité. Le Mexique, quatrième économie d’Amérique latine, cherche à stabiliser ses institutions après des décennies de corruption et de violence liée aux cartels. La gestion de cette affaire par Sheinbaum sera scrutée de près, car elle pourrait influencer la perception de son gouvernement à l’approche des élections. Les États-Unis, déjà en tension avec le Mexique sur d’autres sujets, pourraient utiliser ces accusations pour faire pression sur le pays.

