Pourquoi les États-Unis ne mettent pas fin à leurs guerres
La plus longue guerre que le pays ait connue, la guerre en Afghanistan, a pris fin il y a exactement cinq ans. Aujourd'hui, elle offre des enseignements aux décideurs politiques qui cherchent à éviter une guerre sans fin en Iran..
Les États-Unis ont mené de nombreuses guerres depuis la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), souvent pour maintenir l’ordre dans un monde instable ou défendre leurs valeurs. Contrairement à des conflits existentiels (comme une guerre menaçant directement la survie du pays), ces interventions visent à stabiliser des régions ou soutenir des alliés. Par exemple, la guerre en Afghanistan (2001-2021) est considérée comme la plus longue de l’histoire américaine. Pourtant, malgré des objectifs initiaux clairs, ces conflits s’éternisent, comme le souligne Andrew R. Hoehn, analyste au think tank RAND, qui parle d’un rôle américain dans le maintien d’un empire informel. Ces guerres ne sont pas des victoires rapides, mais des engagements prolongés où les États-Unis peinent à se retirer, même quand la victoire militaire semble hors de portée.
Un retrait trop précoce des troupes américaines d’un conflit peut être perçu comme une défaite ou une perte de crédibilité sur la scène internationale. Par exemple, après la mort d’Oussama ben Laden en mai 2011, l’occasion de quitter l’Afghanistan s’est présentée, mais les dirigeants américains ont choisi de poursuivre la guerre. Carter Malkasian, ancien conseiller militaire en Afghanistan, explique que l’armée américaine se bat pour gagner, même si les chances de victoire sont minces. Rosemary Kelanic, directrice du programme Moyen-Orient chez Defense Priorities, compare cette situation à un médecin en soins intensifs : les responsables politiques espèrent que le conflit se terminera après leur mandat, évitant ainsi d’en assumer l’échec sous leur responsabilité. Cette logique explique pourquoi les États-Unis restent engagés dans des guerres sans issue claire.
En début d’année, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait promis que la guerre en Iran serait différente des conflits en Afghanistan et en Irak, qualifiés de bourbiers (des guerres longues, coûteuses et sans victoire décisive). Il affirmait que cette nouvelle intervention serait ciblée, meurtrière, rapide et décisive, et non une guerre sans fin. Pourtant, malgré ces déclarations, les responsables militaires américains reconnaissent désormais que la campagne contre l’Iran pourrait durer des mois, voire plus. Les espoirs d’une victoire rapide se sont évanouis, et Washington semble toujours incapable de mettre fin à ce conflit, reproduisant ainsi les erreurs du passé.
Les États-Unis justifient souvent leur présence militaire par la nécessité de soutenir leurs alliés ou de protéger des intérêts stratégiques. Par exemple, Donald Trump a déclaré au printemps que les troupes américaines en Iran n’étaient pas là pour le pétrole ou les ressources du pays, mais pour aider des alliés. Cette rhétorique reflète une logique géopolitique où les interventions servent à renforcer des partenariats ou à dissuader des rivaux. Cependant, ces justifications sont parfois contestées, car les résultats concrets (stabilité, sécurité des alliés) restent limités. Le *New York Times* souligne que cette approche, répétée dans plusieurs conflits, soulève des questions sur l’efficacité réelle de ces engagements à long terme.

