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Les seiches ont des ventouses étonnamment puissantes : le secret de leur adhérence enfin dévoilé

Trust My Science · mis à jour 17 sept.

Des biologistes ont découvert que de minuscules papilles tapissant les ventouses des seiches pourraient contribuer à expliquer l’incroyable efficacité de leur adhérence, leur permettant de capturer rapidement et efficacement leurs proies. Cette adhérence est particulièrement efficace sur les surfaces rugueuses et rigides, ce qui pourrait refléter un mécanisme différent de ceux décrits chez d’autres céphalopodes.

Seiches et ventouses

Les seiches, des céphalopodes marins proches des poulpes et calamars, possèdent des tentacules équipés de ventouses leur permettant de capturer leurs proies. Ces ventouses sont des structures circulaires situées à l'extrémité des bras de l'animal, fonctionnant comme des ventouses classiques en créant une dépression pour adhérer à une surface. Contrairement à d'autres céphalopodes, les ventouses des seiches se distinguent par leur efficacité remarquable, notamment sur des surfaces rugueuses ou irrégulières, comme la peau des crabes ou des crevettes. Cette particularité a suscité l'intérêt des scientifiques, car elle pourrait révéler des mécanismes d'adhérence inédits dans le monde animal.

Rôle des papilles

Les chercheurs ont découvert que de minuscules structures appelées papilles, situées sur les bords des ventouses des seiches, jouent un rôle clé dans leur adhérence. Ces papilles, comparables à de petites bosses ou crêtes, épousent les reliefs des surfaces irrégulières, assurant ainsi une étanchéité parfaite entre la ventouse et la proie. Cette adaptation permet aux seiches de mieux s'agripper à des proies aux surfaces complexes, comme les crevettes ou les crabes, où une ventouse lisse échouerait. Les papilles agissent donc comme un joint flexible, empêchant l'eau ou l'air de s'infiltrer et maintenant la dépression nécessaire à l'adhérence.

Efficacité sur surfaces rugueuses

Les expériences menées par l'équipe de chercheurs, dirigée par Brett Klaassen van Oorschot de l'Université de Wageningen (Pays-Bas) et Guillermo Javier Amador, ont révélé que les ventouses des seiches adhèrent mieux aux surfaces présentant une rugosité similaire à celle de leurs papilles. Par exemple, une surface dont la rugosité correspond à celle des papilles des ventouses des seiches (environ 10 à 50 micromètres) permet une adhérence optimale. Cette correspondance explique pourquoi les seiches excellent à capturer des proies comme les crabes ou les crevettes, dont la peau présente des aspérités comparables. À l'inverse, les ventouses lisses, comme celles des pieuvres, sont moins efficaces sur ces surfaces.

Comparaison avec autres espèces

Les ventouses des seiches se distinguent de celles d'autres céphalopodes ou poissons-ventouses par leur mécanisme d'adhérence. Par exemple, les poissons-ventouses (comme les Gobiesocidae) possèdent des ventouses molles avec des micropapilles, leur permettant de supporter jusqu'à 230 fois leur poids dans certaines conditions. Cependant, les ventouses des seiches génèrent une force d'aspiration bien plus importante, malgré leur petite taille, et fonctionnent différemment. Les études antérieures s'étaient surtout concentrées sur les pieuvres ou les poissons-ventouses, laissant les seiches dans l'ombre jusqu'à cette découverte.

Applications technologiques

Cette découverte pourrait inspirer le développement de nouvelles technologies d'adhérence, notamment des ventouses biomimétiques inspirées de celles des seiches. Ces innovations pourraient être utilisées dans des domaines variés, comme la robotique (mains ou pinces robotisées), la médecine (dispositifs médicaux ou prothèses) ou l'industrie. Les chercheurs, dont van Oorschot et Amador, travaillent déjà à la conception de prototypes capables d'adhérer rapidement à diverses surfaces, y compris rugueuses. L'objectif est de créer des ventouses plus performantes que les technologies actuelles, en reproduisant les mécanismes naturels des seiches.

Ce que ça pourrait changer

Pour étudier l'adhérence des ventouses des seiches, les chercheurs ont utilisé des tentacules de *Sepia officinalis* (seiche commune), fixés sur une lame de microscope en verre. Un système automatisé mesurait la force nécessaire pour décoller la ventouse d'une surface interchangeable, dont la rugosité et la souplesse variaient. Les tests ont montré que l'adhérence augmentait avec la rigidité de la surface, confirmant l'efficacité des papilles sur les proies à peau rugueuse. Ces expériences, réalisées en milieu contrôlé, ont permis de quantifier les performances des ventouses et de valider l'hypothèse de leur rôle clé.

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