☕️ Huawei et Qualcomm font affaire malgré les restrictions américaines
Malgré les restrictions imposées par les États-Unis, les affaires continuent pour Huawei. Le géant chinois et Qualcomm ont annoncé un accord pluriannuel de licences de brevets sur des technologies comme la 5G, l’IA, les réseaux, l’informatique.
Malgré les restrictions imposées par les États-Unis depuis 2019, Huawei, un géant chinois des télécommunications, et Qualcomm, une entreprise américaine spécialisée dans les semi-conducteurs, ont annoncé un accord pluriannuel de licences de brevets. Cet accord couvre des technologies clés comme la 5G, l’intelligence artificielle (IA), les réseaux et l’informatique. Qualcomm va également acquérir certains brevets américains détenus par Huawei, bien que les détails de ces brevets ne soient pas précisés. Cet accord illustre une volonté commune de respecter les droits de propriété intellectuelle et de suivre des pratiques de licence conformes aux principes FRAND (Fair, Reasonable, And Non-Discriminatory), c’est-à-dire équitables, raisonnables et non discriminatoires. John Han, directeur général de l’activité licences chez Qualcomm, souligne que cet accord reconnaît les innovations technologiques de Huawei et sa propriété intellectuelle.
Huawei est inscrit sur la liste noire du Département du Commerce américain depuis 2019. Cette mesure oblige les entreprises américaines à obtenir une licence avant d’exporter, de réexporter ou de transférer des produits et composants soumis aux règles d’exportation des États-Unis vers Huawei. Ces restrictions, qui visent à protéger la sécurité nationale américaine, se sont multipliées au fil des années. Malgré ces obstacles, Huawei a investi massivement pour développer ses propres technologies, réduisant ainsi sa dépendance envers les fournisseurs étrangers. Cette stratégie a permis à la Chine d’accélérer son indépendance technologique, notamment dans des domaines comme les puces électroniques ou l’IA, où des partenariats avec des acteurs locaux comme Baidu ont été renforcés.
L’accord entre Huawei et Qualcomm porte sur des technologies critiques comme la 5G, l’IA et les réseaux, qui sont au cœur des infrastructures numériques modernes. La 5G, cinquième génération de réseaux mobiles, permet des vitesses de connexion ultra-rapides et une latence réduite, essentielle pour des applications comme les voitures autonomes ou les objets connectés. L’intelligence artificielle (IA) désigne des systèmes capables d’imiter des comportements humains, comme le traitement du langage ou la reconnaissance d’images. Les réseaux, quant à eux, incluent les infrastructures permettant la transmission de données. Ces technologies sont stratégiques car elles sous-tendent de nombreux secteurs économiques et militaires. L’accord reflète donc une collaboration malgré un contexte géopolitique tendu, où la propriété intellectuelle devient un enjeu central.
L’accord entre Huawei et Qualcomm s’inscrit dans une dynamique plus large où la Chine cherche à réduire sa dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. Depuis 2019, Huawei a accéléré le développement de ses propres solutions, comme en témoignent ses investissements dans des technologies alternatives, comme la loi de Tau (τ) pour la fabrication de puces électroniques. Cette loi, peu connue du grand public, fait référence à des principes physiques ou mathématiques utilisés pour optimiser la conception des semi-conducteurs. Parallèlement, des partenariats avec des entreprises locales, comme Baidu pour les puces dédiées à l’IA, illustrent cette volonté d’autonomie. Ces efforts contribuent à renforcer l’écosystème technologique chinois, tout en influençant les stratégies des acteurs internationaux.
Contrairement à un précédent accord entre Huawei et HP portant sur des licences croisées de brevets Wi-Fi, où HP avait nié toute collaboration stratégique, l’accord avec Qualcomm ne soulève pas de malentendu. HP avait clarifié que son arrangement avec Huawei était uniquement lié à un litige juridique et non à un partenariat plus large. Huawei n’est pas un fournisseur de HP, et inversement. Cette distinction souligne que les accords entre entreprises peuvent avoir des motivations variées : certains visent à résoudre des conflits, tandis que d’autres, comme celui avec Qualcomm, reflètent une collaboration technologique plus profonde et mutuellement bénéfique, sous réserve des autorisations réglementaires.
L’accord entre Huawei et Qualcomm est soumis à des autorisations réglementaires, ce qui signifie que les autorités américaines ou chinoises pourraient encore l’influencer ou le bloquer. Ces autorisations sont nécessaires car les deux entreprises opèrent dans des juridictions différentes et sont soumises à des réglementations strictes, notamment en matière de sécurité nationale et de propriété intellectuelle. Qualcomm, en tant qu’entreprise américaine, doit s’assurer que ses activités respectent les lois américaines, tandis que Huawei, bien que chinois, doit naviguer dans un environnement où les restrictions commerciales sont fréquentes. Cet accord illustre donc les tensions persistantes entre innovation technologique et contrôle géopolitique.

