Une Russie exclue mais les yeux rivés sur la Coupe du monde 2026
Alors que leur sélection est suspendue de toutes compétitions par la Fifa et l’UEFA depuis l’invasion de l’Ukraine, les Russes n’ont pas pour autant tourné le dos à la Coupe du monde de football. Entre nostalgie de 2018, colère contre les matchs payants et espoir d’un prochain retour, la presse du pays refuse de rester hors jeu..
La sélection nationale de football russe, surnommée la Sbornaya (qui signifie « l’équipe » en russe), ne participe pas à la Coupe du monde 2026 organisée en Amérique du Nord. Cette exclusion fait suite à une décision similaire lors de l’édition 2022, où la Russie avait déjà été écartée des compétitions internationales en raison de l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Malgré cette absence, le pays reste très engagé dans le tournoi, comme en témoignent la couverture médiatique intense et l’intérêt des supporters. La Sbornaya est l’équipe représentant la Russie en football, et son exclusion s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par des sanctions sportives contre le pays.
Les médias sportifs russes, comme le journal Sport-Express ou la chaîne Match TV, couvrent la Coupe du monde 2026 avec une intensité comparable à celle d’une participation nationale. Par exemple, le 8 juillet 2026, Sport-Express titrait « Le magicien » pour évoquer la performance de Lionel Messi, star de l’équipe d’Argentine, lors d’un match spectaculaire contre l’Égypte. Les commentaires et analyses des anciens internationaux, comme Andreï Archavine, sont également très présents. Les médias russes analysent les matchs, les performances des joueurs et les stratégies des équipes, tout en critiquant certains aspects du tournoi, comme les pauses fraîcheur jugées inutiles. Cette couverture reflète un engouement sportif persistant malgré l’absence de l’équipe russe.
Les Russes, autrefois décrits comme un « pays de téléspectateurs » passionnés de football, sont désormais qualifiés de « quasi-téléspectateurs » pour la Coupe du monde 2026. Cette expression, utilisée par le chroniqueur Vladimir Mozgovoï dans Novaïa Gazeta, souligne que les supporters russes suivent le tournoi avec autant d’enthousiasme, mais sans pouvoir y assister physiquement. Leur exclusion s’explique par trois raisons principales : l’absence de l’équipe nationale, des restrictions de visas pour certains pays, et des contraintes financières. Malgré ces obstacles, les Russes restent devant leurs écrans, analysant les matchs et soutenant les équipes étrangères, comme la France ou l’Argentine.
Les médias et commentateurs russes ne se contentent pas de suivre la Coupe du monde 2026 : ils critiquent également certains aspects du tournoi organisé en Amérique du Nord. Parmi les problèmes soulevés figurent le prix élevé des billets, les fortes chaleurs lors des matchs et les restrictions de visas pour certains supporters. Par exemple, la chaîne *Sportbox* a salué la victoire de la France contre le Maroc (2-0) le 9 juillet 2026, tout en soulignant la domination française face à un adversaire perçu comme redoutable. Ces critiques reflètent une analyse approfondie du tournoi, même depuis l’étranger, et montrent que les Russes restent des observateurs exigeants et engagés.

