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Culture

Martin de la Soudière, ethnologue et conteur des saisons 9 : Les aléas de la météo

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 15 j

La météorologie passionne Martin de la Soudière depuis toujours. Pour cet ethnologue amoureux de l'hiver, grand conteur de la ruralité et des saisons, le temps qu'il fait impacte nos humeurs et nos comportements, comme il l'évoquait en 2003 dans ce numéro des "Chemins de la connaissance"..

Martin de la Soudière

Martin de la Soudière est un ethnologue, sociologue et géographe français, spécialiste reconnu de la ruralité et des saisons. Passionné de météorologie depuis toujours, il a consacré une partie de ses travaux à la culture météorologique, un domaine qu’il considère comme la culture la plus partagée et curieusement la moins étudiée, car elle est intégrée au quotidien sans être explicitement analysée. Dans cet entretien diffusé en 2003, il évoque notamment sa sensibilité personnelle aux variations du temps, qu’il qualifie de météosensibilité. Pour lui, le temps qu’il fait influence profondément nos humeurs, nos comportements et même notre santé mentale, comme lors d’une déprime hivernale ou d’une fatigue liée à la chaleur. Il souligne aussi que certains pays, contrairement à la France, ont mieux compris et intégré l’impact du temps sur les individus.

Météosensibilité

La météosensibilité est un néologisme créé par Martin de la Soudière pour décrire la sensibilité des individus aux variations météorologiques. Ce terme désigne la manière dont le temps qu’il fait – qu’il s’agisse de la chaleur, du froid, de l’humidité ou du vent – peut affecter notre moral, notre énergie ou notre bien-être. Par exemple, une canicule historique comme celle de 2003 a révélé à quel point les fortes chaleurs peuvent impacter la santé physique et psychologique des populations. Dans cet entretien, Martin de la Soudière explique que cette sensibilité est universelle, bien que son intensité varie d’une personne à l’autre. Il note aussi que certains pays, comme ceux du nord de l’Europe, ont développé des stratégies pour mieux gérer ces effets, contrairement à la France où ce phénomène reste souvent sous-estimé.

Rôle du climatologue

Hervé Le Treut, physicien et climatologue, est l’un des invités de cet entretien. Directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace, membre de l’Académie des Sciences et professeur à Sorbonne Université ainsi qu’à l’École Polytechnique, il apporte une perspective scientifique sur les aléas de la météo. Son intervention permet de relier les observations de Martin de la Soudière à des données climatiques objectives. Il explique notamment comment les phénomènes météorologiques extrêmes, comme les canicules, s’inscrivent dans des tendances climatiques plus larges. Cet échange entre un ethnologue et un climatologue illustre l’importance d’une approche pluridisciplinaire pour comprendre les enjeux liés à la météo et au climat.

Canicule de 2003

La canicule de 2003, survenue quelques semaines avant l’entretien diffusé le 29 octobre 2003, est un événement marquant évoqué dans cet épisode. Cette vague de chaleur exceptionnelle, qui a touché la France et une grande partie de l’Europe, a causé près de 15 000 décès en France, principalement chez les personnes âgées. Elle a servi de contexte pour aborder les conséquences sanitaires, sociales et culturelles des aléas météorologiques. Martin de la Soudière y voit une illustration concrète de la météosensibilité, tandis qu’Hervé Le Treut en analyse les causes climatiques et les risques d’aggravation à l’avenir. Cet épisode rappelle l’importance de mieux préparer les sociétés aux changements climatiques.

Ce que ça pourrait changer

La *culture météorologique* désigne l’ensemble des savoirs, pratiques et représentations liés à la météo dans une société. Bien que cette culture soit omniprésente dans le quotidien – à travers les conversations, les vêtements portés ou les activités choisies –, elle reste peu étudiée en tant que telle. Martin de la Soudière souligne que cette culture est à la fois universelle et profondément ancrée dans les traditions locales. Par exemple, les paysans, les marins ou les montagnards ont développé des savoirs empiriques pour anticiper le temps, transmis de génération en génération. L’ethnologue insiste sur la nécessité de mieux documenter ces connaissances pour comprendre comment les individus perçoivent et s’adaptent aux variations climatiques.

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