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Géopolitique

La colère et le désespoir couvent en Iran, alerte un rapport confidentiel du régime

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Un sondage réalisé en mai par la présidence iranienne et qui a fuité dans la presse dépeint une société largement opposée aux grandes orientations de la République islamique. Pour les médias en exil, mais aussi l’ensemble de la presse iranienne, le pouvoir aurait tout intérêt à répondre aux aspirations de la population..

Rapport confidentiel révélé

En juin 2026, Ali Rabiei, conseiller social du président iranien Massoud Pezeshkian, a remis un rapport confidentiel de 37 pages intitulé Ce que veut l’Iran. Ce document s’appuie sur un sondage réalisé en mai 2026 par un organisme affilié à la présidence iranienne. Le rapport était initialement destiné à rester secret, mais il a été dévoilé le 13 juillet 2026 par le site d’opposition IranWire. Ce sondage a été mené pendant la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi qu’après les importantes manifestations de janvier 2026, qui avaient été violemment réprimées. Les résultats de cette enquête contredisent la propagande officielle du régime iranien, qui affirme bénéficier d’un large soutien populaire.

Majorité pour le changement

Selon le sondage, seulement 9 % des Iraniens interrogés souhaitent le maintien du statu quo, c’est-à-dire le système politique actuel en place. À l’inverse, 91 % des personnes interrogées se disent favorables à des réformes, qu’elles soient profondes ou radicales, voire à un changement complet du système politique. Ces chiffres révèlent une volonté massive de transformation au sein de la population. Le média d’opposition Iran International souligne que ces résultats marquent une rupture avec l’image d’un régime soutenu par une majorité de citoyens, telle qu’elle est présentée par les autorités iraniennes.

Colère et désespoir généralisés

Le rapport révèle que 63 % des Iraniens se déclarent en colère, un niveau inédit selon les auteurs du document. Par ailleurs, près de la moitié de la population (soit environ 45 %) affirme souffrir de désespoir, de dépression ou d’anxiété chronique. Ces données illustrent un malaise profond au sein de la société iranienne, exacerbé par le contexte de guerre et de répression des manifestations. Le rapport souligne que ces émotions négatives n’avaient jamais atteint un tel niveau auparavant, ce qui reflète une détérioration significative du moral des citoyens.

Contexte politique tendu

Le sondage a été réalisé en mai 2026, alors que l’Iran était engagé dans un conflit armé avec les États-Unis et Israël. Cette guerre a aggravé les tensions internes et accru le mécontentement de la population. En janvier 2026, de grandes manifestations avaient éclaté dans le pays, mais elles avaient été réprimées dans le sang par les autorités. Ces événements ont marqué un tournant dans la perception du régime par les Iraniens, remettant en cause sa légitimité. Le rapport de Rabiei, bien que commandé par le gouvernement, met en lumière une réalité sociale en opposition avec la communication officielle du régime.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats du sondage posent un défi majeur pour le gouvernement iranien, dirigé par le président Massoud Pezeshkian. En effet, le régime islamique affirme traditionnellement représenter la volonté populaire, mais les chiffres du rapport suggèrent une perte de confiance généralisée. Les 91 % de personnes favorables à un changement ou à des réformes profondes indiquent une crise de légitimité sans précédent. Ce constat pourrait affaiblir la position des autorités, surtout dans un contexte de guerre et de répression des contestations. Le rapport, bien que confidentiel, révèle ainsi une fragilité croissante du système politique iranien.

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